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<title>Le blog de Libertépolitique.com - politique</title>
<description>Idées en débat avec la Fondation de Service politique. Et vous, qu'en pensez-vous ?</description>
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<lastBuildDate>Mon, 01 Dec 2008 18:31:48 +0100</lastBuildDate>
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<title>Révision constitutionnelle : la mue de la chauve-souris, par Fr. de Lacoste Lareymondie*</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Le blog des idées de Libertépolitique.com)</author>
<category>Politique</category>
<pubDate>Fri, 25 Jul 2008 17:57:12 +0200</pubDate>
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&lt;img src=&quot;http://libertepolitique.hautetfort.com/media/01/01/681567937.jpg&quot; id=&quot;media-1138177&quot; alt=&quot;Congres1.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-1138177&quot; /&gt;Nicolas Sarkozy n’a pas ménagé sa peine pour obtenir “sa” révision. Quitte à donner de multiples gages à ses adversaires, pour en débaucher quelques uns. Le jeu de rôle qui s’est établi entre Jack Lang et lui, par journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; interposé, pour racoleur qu’il fût, a produit l’effet escompté : une fois de plus et avec talent, il a réussi à mettre la pagaille dans le camp socialiste tout en l’acculant à une posture d’opposition stérile et illisible.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les « torsions de bras » ont eu raison des parlementaires récalcitrants de sa majorité. Ce fut l’occasion de compter les plus déterminés, peu nombreux, et ceux dont le revirement, affublé de considérations politiques, se mesure plutôt à l’aune de la fragilité électorale.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La révision constitutionnelle vient donc d’être votée ; non pas à une voix de majorité mais à la majorité des trois cinquièmes dépassée d’une voix, ce qui ne signifie pas la même chose : le succès est indéniable, alors que l’UMP et ses seuls alliés n’en disposaient pas au congrès. Elle a été atteinte grâce aux centristes du Sénat et aux radicaux de gauche, au prix d’une réduction opportune du minimum nécessaire à la constitution d’un groupe parlementaire, réduction que les socialistes apprécieront.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Vingt-quatrième révision de la Constitution de 1958 en 50 ans ! En moyenne, une révision tous les deux ans, mais presque une par an depuis le début des années quatre-vingt-dix ! On est loin du discours officiel sur la stabilité du régime. L’instabilité constitutionnelle dont les Français sont les champions a trouvé son tour de passe-passe : au lieu de changer la Constitution elle-même, on la révise à tout bout de champ.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La Constitution de la Ve République a souvent été qualifiée de chauve-souris : mi-parlementaire, mi-présidentielle. La révision de 2008 lui fait subir une mue profonde : d’abord parce qu’elle met fin au « parlementarisme rationalisé » institué en 1958, mais sans que l’on en tire les conséquences nécessaires sur les parlementaires eux-mêmes ; ensuite parce qu’elle affaiblit l’exécutif dans son ensemble au détriment du Premier ministre, mais en ouvrant une question paradoxale sur la fonction même du chef de l’État.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;1/ La fin du « parlementarisme rationalisé »&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cet euphémisme désignait la mise du Parlement sous tutelle de l’exécutif. Les rédacteurs de la Constitution l’avaient voulue par réaction aux errements du parlementarisme débridé de la IVe République. La plupart des verrous mis aux débordements parlementaires ont été retirés : &lt;ul type=&quot;disc&quot;&gt; &lt;li&gt;la maitrise de l’ordre du jour n’appartient plus au seul gouvernement mais est largement partagée avec les bureaux des deux assemblées ;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;le nombre de commissions permanentes, limité à six pour éviter la formation de « contre-ministères », est porté à huit, plus une chargée des affaires européennes ;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;le texte soumis en discussion lors de la première lecture ne sera plus celui du gouvernement mais celui qui sortira des travaux de la commission parlementaire (sauf les projets de loi de finances et de financement de la sécurité sociale) ;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;les assemblées pourront voter des résolutions ;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;le pouvoir de contrôle qu’exerce le Parlement sur le gouvernement est étendu à l’ensemble de l’action gouvernementale et à l’évaluation des politiques publiques, avec l’assistance désormais expresse de la Cour des comptes ;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;le referendum soi-disant d’initiative populaire est, en réalité, remis à l’initiative d’un cinquième des membres du parlement à qui il revient de recueillir ensuite le soutien d’un dixième des électeurs inscrits ;&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;enfin, et ce n’est pas rien sur le plan des principes, le parlementaire qui sera nommé ministre retrouvera son siège lorsqu’il quittera le gouvernement.&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; Même si de nombreuses propositions encore plus audacieuses de la commission Balladur ont été finalement abandonnées, les adeptes du parlementarisme traditionnel ont obtenu l’essentiel de ce qui était nécessaire à la restauration du Parlement dans son rôle et ses responsabilités : c’était souhaitable, mais il faut reconnaitre que le changement est d’importance. Du moins sur le papier.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;2/ La survie du mal qui vicie la fonction parlementaire&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La question porte sur l’intérêt et la disponibilité des parlementaires à exercer réellement leurs nouveaux pouvoirs ; la réponse ne coule pas de source.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les parlementaires français détiennent le record du cumul des mandats, et cette plaie s’est considérablement accrue sous la Ve République. On en connait la raison historique : à ses débuts, le parti gaulliste n’avait pas d’implantation locale, ses députés ayant été parachutés dans leurs circonscriptions, d’abord en 1958 puis en 1962, pour faire pièce aux élus de la IVe République : leurs sièges étaient donc vulnérables. Aussi ont-ils été systématiquement encouragés, et aidés, à conquérir des mandats locaux dont dépendait leur implantation durable, et dont dépendait aussi la composition du Sénat.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Aujourd’hui, 85 % des parlementaires cumulent plusieurs mandats [1] alors que, chez nos grands voisins, cette pratique est systématiquement découragée, quand elle n’est pas interdite, avec succès puisque les pourcentages de cumul s’échelonnent de 10 à 16 % (et 0 % pour les membres du Congrès américain).&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je ne reviens pas ici sur les raisons de principe qui militent pour la suppression de cette détestable exception française : confusion des intérêts entre les mains de « représentants multicartes », comme on le voit chaque fois qu’un intérêt local interfère avec l’intérêt national [2] ; effet parachute du mandat local qui permet au battu national de se replier sur son donjon local avant de rebondir sans fin ; confusion entre élection nationale et élection locale par identité des protagonistes ; consanguinité et verrouillage du personnel politique qui ne se renouvelle plus guère que par cooptation ou par coup de force.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Hélas, l’UMP a refusé d’y toucher, donnant au passage une preuve supplémentaire du vice de la chose. En se conformant à ce véto, Nicolas Sarkozy a contredit la logique de sa réforme. Les conséquences apparaitront très vite ; j’en vois au moins deux.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La première s’origine dans la décentralisation : celle-ci n’a pas seulement accru les compétences des collectivités locales ; elle a surtout transféré des pouvoirs considérables à leurs exécutifs. En dépit d’un formalisme pseudo-parlementaire des assemblées locales et d’une surveillance, lointaine et sporadique, exercée par les tribunaux administratifs et les chambres régionales des comptes, depuis la suppression de la tutelle préfectorale ces pouvoirs s’exercent sans contrôle véritable, et parfois sans mesure. Les féodalités, que l’État royal avait mis plusieurs siècles à démanteler et dont l’État républicain avait combattu la résurgence, se sont reconstituées en deux décennies. Désormais les parlementaires de tous bords sont prioritairement attentifs à protéger leurs arrières.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Focalisés sur leurs propres mandats locaux, ni ceux de l’UMP ni le Président n’ont pris sérieusement conscience que les partis de gauche contrôlent la majorité des collectivités locales [3], et qu’ils les contrôlent pour longtemps en raison des moyens que ces mandats leur confèrent pour se prémunir contre tout renversement. Incidemment, on comprend pourquoi le PS a tant insisté sur la réforme du scrutin sénatorial, et pourquoi le refus opposé par l’UMP a déterminé son opposition à la révision constitutionnelle.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En effet, les grands féodaux ont désormais la capacité, et la volonté, d’établir un véritable contre-pouvoir, jusqu’à vider de leur substance certaines réformes en refusant d’appliquer la loi ou en la détournant ; mais aussi, grâce à leurs mandats parlementaires et au détournement d’usage qu’ils en font, de contrecarrer les objectifs majeurs et impératifs de remise en ordre de l’État et de maîtrise de la dépense publique. Accroître les pouvoirs du Parlement dans un tel contexte renforcera moins l’institution qu’il ne compliquera singulièrement l’action gouvernementale.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La seconde conséquence concerne le fonctionnement même du Parlement. Le cumul n’est matériellement pas compatible avec les nouvelles exigences qu’implique l’exercice quotidien du mandat parlementaire ! Comment approfondir les questions soumises au vote, comment suivre sérieusement les questions européennes, comment participer efficacement à une commission où, désormais, se fera le véritable travail d’élaboration de la loi et de contrôle de l’action gouvernementale, quand on doit également se consacrer à gouverner une ville, un département ou une région ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; De fait, ce sont les instances dirigeantes du parti majoritaire qui prendront la main au sein du Parlement. Ce sont ces instances, avec leurs appareils, leurs permanents et les groupes de pression auxquels ils peuvent être liés, qui piloteront les parlementaires. D’ailleurs, n’est-ce pas déjà avec l’UMP que le Président a dû négocier pied à pied sa révision constitutionnelle et ne s’est-il pas lui-même mis en prise directe sur son parti ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;3/ L’exécutif se laisse entraver&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Logiquement, l’accroissement des pouvoirs du Parlement trouve sa contrepartie dans la réduction de ceux du gouvernement qui aura moins de prise sur les assemblées. Cela ne suffisait pas et Nicolas Sarkozy est allé encore plus loin. Il a accepté de brider l’exécutif en deux points sensibles.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le premier, introduit à son initiative, concerne le pouvoir de nomination que détient le Président de la République. Traditionnellement, les hauts fonctionnaires [4] sont nommés par décret en Conseil des ministres, donc avec sa signature. Sous Valéry Giscard d’Estaing et plus encore sous François Mitterrand, la liste des nominations décidées à l’Elysée s’est considérablement allongée. On sait quel usage clientéliste en a été fait, et à quels abus ces nominations ont donné lieu. Par contrecoup, Nicolas Sarkozy s’était engagé à y introduire de la transparence. Désormais, à l’exception des hauts fonctionnaires précités dont les nominations sont régies par leurs statuts, toutes celles qui nécessitent la signature du président de la République seront soumises aux commissions parlementaires qui émettront un avis public (la publicité de l’avis constitue un frein efficace), et qui pourront même s’y opposer à la majorité des deux tiers. Juste retour de balancier.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le second est plus problématique : il provient de la restriction introduite quant à l’utilisation du troisième alinéa de l’article 49 (le fameux 49-3) ; celui-ci permettait au Premier ministre d’engager la responsabilité du gouvernement devant l’Assemblée Nationale sur le vote d’un texte. La commission Balladur, qui cherchait une approche consensuelle avec l’opposition, avait proposé de limiter cette faculté aux seuls projets de loi de finances ou de financement de la Sécurité sociale ; Nicolas Sarkozy l’a suivie tout en ajoutant la possibilité d’y recourir pour un projet de loi ordinaire par session.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette restriction est particulièrement importante. L’expérience a montré que l’article 49-3, utilisé 82 fois depuis le début de la Ve République, a surtout servi soit à surmonter les réticences d’une majorité [5], soit à en contourner l’insuffisance numérique [6]. Nombre de réformes importantes sont passées grâce à l’alternative imposée aux députés : ou bien le gouvernement et le texte, ou bien pas le texte et plus de gouvernement avec le risque de dissolution en prime. Sans compter les votes obtenus par la simple menace d’y recourir.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; D’un côté, le Premier ministre n’a plus la complète maîtrise du travail parlementaire ; de l’autre il perd partiellement l’usage de l’ultime instrument de contrainte. Entre les deux, ne lui reste que le recours au vote bloqué de l’article 44-3 [7], mais qui n’empêche pas une assemblée de rejeter un projet. La panoplie dont il disposait s’est réduite à peu de moyens. Il y a donc fort à parier qu’il sera de plus en plus souvent mis en difficulté par une majorité qu’il aura peine à conduire faute de ne plus disposer que d’une palette réduite d’outils pour exercer son autorité. Il est bien la principale victime de la révision.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;4/ Que va devenir la fonction présidentielle ?&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La principale question que pose la révision constitutionnelle est la suivante : y a-t-il encore un chef de l’État ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Je conviens qu’elle est paradoxale ; mais l’évolution engagée depuis 1962, avec l’élection du président de la République au suffrage universel puis avec la réduction de son mandat à cinq ans et la synchronisation des scrutins présidentiel et parlementaire, se poursuit inexorablement. Nicolas Sarkozy en a prolongé la logique avec : &lt;ul type=&quot;disc&quot;&gt; &lt;li&gt;d’une part la réduction à deux du nombre de mandats successifs du Président,&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;d’autre part le droit qui lui est accordé de prendre la parole devant le Parlement réuni en congrès et de faire suivre sa déclaration par un débat.&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; Pour la première fois en France depuis le Second Empire, la cérémonie du « discours du trône » retrouve sa place dans nos institutions ; sauf que le « discours du trône » sera écrit par le Président lui-même et s’apparentera davantage au « discours sur l’état de l’Union » prononcé par le président des États-Unis. Il est clair que le statut du Président de la République vient de changer.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Certes l’article 20 confie encore au gouvernement la conduite de la politique de la nation ; certes le Premier ministre continue de diriger l’action du gouvernement, conformément à l’article 21 ; certes le gouvernement demeure responsable devant l’Assemblée nationale. Mais la révision constitutionnelle a bouleversé l’équilibre au sein de l’exécutif : en affaiblissant le Premier ministre, elle a entériné la remontée du pilotage gouvernemental au niveau de l’Elysée. Le Premier ministre est réduit au rôle de supplétif du Président, chargé de la coordination et de la gestion au jour le jour : Nicolas Sarkozy l’a d’ailleurs expliqué sans fard dans l’entretien accordé le 17 juillet dernier au journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt;.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Simultanément, le président de la République s’est lui-même dépouillé de deux attributs traditionnels du chef de l’État : &lt;ul type=&quot;disc&quot;&gt; &lt;li&gt;en partie, s’agissant du droit de grâce qu’il ne pourra plus exercer qu’à titre individuel,&lt;br /&gt;&lt;/li&gt; &lt;li&gt;totalement, en ce qui concerne la présidence du Conseil Supérieur de la Magistrature désormais assurée par le Premier Président de la cour de Cassation, ce qui fait de ce Conseil, et de la magistrature en général, non plus une autorité mais bien un troisième pouvoir.&lt;/li&gt; &lt;/ul&gt; Ces attributs n’étaient pas seulement des reliquats de la royauté ! Ils témoignaient de l’existence d’une instance, visible et personnelle, placée au-dessus des partis et des aléas politiques, à laquelle on pouvait recourir en sa qualité d’arbitre suprême et impartial.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La révision aboutit &lt;i&gt;de facto&lt;/i&gt; à rendre vacante la fonction de chef de l’État, au sens que l’on donne traditionnellement à cette fonction depuis que les institutions républicaines se sont stabilisées. En effet, qui pourra encore, de façon incontestable par son arbitrage, veiller au fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi qu’à la continuité de l’État, garantir l’indépendance nationale, l’intégrité du territoire et le respect des traités internationaux ? Peut-on être à la fois dans et au-dessus de la mêlée ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; On comprend les inquiétudes suscitées par cette évolution où d’aucuns voient une dérive bonapartiste : elle nous éloigne dangereusement des sages équilibres qui avaient fini par s’établir partout en Europe.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En fin de compte, ne restent plus que deux instances politiques entre lesquelles se joue désormais la partie, le Président et sa majorité parlementaire, en prise directe l’une sur l’autre ; et deux contre-pouvoirs : l’un visible, celui des collectivités locales ; l’autre implicite mais désormais totalement indépendant, celui des magistrats.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si d’aventure les majorités présidentielle et parlementaire venaient à ne pas coïncider pour cause de vacance prématurée de la Présidence ou de dissolution, qui tranchera le conflit de façon incontestable, et comment ? Si l’on ne met pas un terme au cumul des mandats, comment régulera-t-on la concurrence avec des collectivités locales devenues des féodalités ? Qui tempérera un gouvernement que l’ivresse d’une victoire rendrait excessivement impétueux ou imprudent ? Qui sera garant de l’impartialité de la justice et de son bon fonctionnement ? Autant de crises potentielles dont les instruments de résolution ont disparu ou se sont émoussés. Or une Constitution n’est pas d’abord faite pour exercer le pouvoir ; elle a d’abord pour objet de réguler des pouvoirs concurrents le plus harmonieusement possible. Cette régulation est devenue incertaine.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;small&gt;*François de Lacoste Lareymondie&lt;/small&gt;&lt;/b&gt; &lt;small&gt;est vice-président de l’association pour la Fondation de service politique.&lt;/small&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;hr align=&quot;left&quot; width=&quot;50%&quot; /&gt; &lt;small&gt;[1]&lt;a&gt;À ce jour, sur un total de 908 députés et sénateurs, 373 sont maires, 55 sont présidents d’un conseil général, 10 sont président d’un conseil régional, sans parler de la centaine de vice-présidents, ni des « simples » conseillers généraux ou régionaux, ni des maires-adjoints…&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; [2]&lt;a&gt;Cf. les palinodies auxquelles ont donné lieu le remodelage de la carte judiciaire, celui de la carte hospitalière, et tout récemment le redéploiement des unités militaires : elles montrent à quel degré de confusion des intérêts on est parvenu.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; [3] Toutes les régions sauf deux, les trois cinquièmes des départements, la majorité des grandes villes et de leurs banlieues.&lt;br /&gt; [4]&lt;a&gt;Les conseillers d’État, les conseillers maîtres à la Cour des comptes, les préfets, les ambassadeurs, les recteurs d’académie, les directeurs d’administration centrale et les officiers généraux.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; [5]&lt;a&gt;Douze utilisations par R. Barre entre 1978 et 1981, pour contrer la fronde du RPR ; et 11 par P. Mauroy et L Fabius, de 1981 à 1986.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; [6]&lt;a&gt;Trente-huit utilisations de 1988 à 1993 par les gouvernements Rocard, Cresson et Bérégovoy qui ne disposaient que d’une majorité relative, pour empêcher le Parti communiste de rejeter ses projets en s’alliant à l’opposition de droite.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt; [7]&lt;a&gt;Le troisième alinéa de l’article 44 permet au gouvernement d’imposer à l’une ou l’autre assemblée de se prononcer par un seul vote sur l’ensemble du texte en discussion en ne retenant que les amendements proposés ou acceptés par lui.&lt;/a&gt;&lt;/small&gt; 
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<title>Après les municipales, mobilisons-nous ! par Thierry Boutet*</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Le blog des idées de Libertépolitique.com)</author>
<category>Politique</category>
<pubDate>Thu, 20 Mar 2008 17:51:25 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;img src=&quot;http://libertepolitique.hautetfort.com/media/01/00/27265783.jpg&quot; id=&quot;media-913400&quot; alt=&quot;2025926691.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-913400&quot; /&gt; &lt;small&gt;&lt;b&gt;&lt;font color=&quot;#494949&quot;&gt;Les résultats du second tour des élections municipales sont à peu près conformes aux prévisions (cf. dans cette édition l’analyse de Roland Hureaux) : la gauche retrouve les villes perdues en 2001, la droite patine. Les Français s’impatientent. Dans quelle voie le gouvernement agira-t-il ? De grands chantiers attendent les catholiques.&lt;/font&gt;&lt;/b&gt;&lt;/small&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; UN AVERTISSEMENT a été envoyé par la majorité des Français à Nicolas Sarkozy, passé selon le journal &lt;i&gt;Le Monde&lt;/i&gt; du statut de « candidat convainquant » au statut de « président déroutant ». Pour autant, les électeurs ne remettent pas en cause les raisons pour lesquelles ils ont voté en sa faveur. Ils attendent que le chef de l’État et son gouvernement réforment et, impatients, trouvent que les résultats tardent à venir. Mais ont-ils un autre choix ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Le Parti socialiste bénéficie du rejet de Nicolas Sarkozy, mais il n’a pas de projet. Les électeurs ne sont pas dupes de la démagogie de François Hollande et la posture de Ségolène Royale les lasse. François Bayrou a tenu le cap obstiné jusqu’au bout de sa logique, mais le chemin s’arrête à Pau, en impasse.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Les résultats démontrent surtout, une fois de plus, que la droite élue sur le changement et les réformes ne sait pas transformer sa victoire. La France aura-t-elle les réformes dont elle a besoin ? En partie sans doute, mais à quel prix ? Les paramètres internationaux ne sont pas à négliger. Si la croissance mondiale s’enraye, le programme de réformes de Nicolas Sarkozy deviendra totalement impossible à appliquer.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Dans ce contexte, quel est le rôle des chrétiens ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/b&gt; Dans de nombreuses municipalités, les chrétiens ont arbitré les résultats. Un grand nombre d’élus locaux sont catholiques, et les chrétiens sont présents à l’Assemblée. Si notre poids dans la vie politique peut être parfois déterminant quantitativement, il l’est plus encore qualitativement. Par la force de propositions que nous représentons et par la capacité que nous avons de sortir de la pensée commune et du politiquement correct, nous pouvons faire bouger les lignes. Sur quelques points essentiels nous pouvons agir.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;br /&gt; En premier lieu, l’éducation&lt;/b&gt;. La question de la laïcité fait couler beaucoup d’encre. Nicolas Sarkozy a brisé un certain nombre de tabous. Mais au-delà des polémiques idéologiques, quelle est la réalité ? Dans nos établissements scolaires, catholiques ou non, la liberté de conscience est-elle véritablement respectée ? Les témoignages que nous recevons chaque jour témoignent que non. Les préjugés, des formes insidieuses de persécutions religieuses sont beaucoup plus fréquentes que certains ne l’imaginent. L’Église et les pouvoirs publics doivent être alertés. Nous ne laisserons pas nos enfants être victimes des trop nombreux petits-pères-Combes qui sévissent dans nos établissements scolaires. Nous allons poursuivre notre action à travers la pétition qui rencontre un grand succès. Des initiatives pratiques sont à l’étude pour protéger la liberté religieuse à l’école.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;br /&gt; En second lieu, la famille&lt;/b&gt;. Le gouvernement concocte, sous la pression du lobby gay, un « statut du beau-parent » qui risque, avec les amendements que le Parlement ne manquera pas de proposer, d’être la porte ouverte à l’adoption d’enfants par des couples homosexuels. Nous veillerons à ce que les intérêts des enfants ne soient pas menacés par l’égoïsme des adultes.&lt;br /&gt; Derrière, se profile la question du mariage. Le CUC évoluera t-il vers le mariage civil de couples homosexuels au même titre que celui des hétérosexuel ? Dans la mesure où le mariage est une institution qui structure la société, nous continuerons nos actions pour alerter l’opinion et les responsables politiques.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;br /&gt; En troisième lieu,&lt;/b&gt; &lt;b&gt;la révision des lois de bioéthique&lt;/b&gt;. Les grandes manœuvres ont commencé. Le refus de conférer un statut à l’embryon permet toutes les dérives. Nous travaillons pour le moment à un document de synthèse qui sera publié prochainement sous forme d’un grand dossier dans notre revue &lt;i&gt;Liberté politique&lt;/i&gt;. Nous préparons aussi des argumentaires que nous diffuserons, le moment venu, sous forme notamment de &lt;i&gt;Notes bleues&lt;/i&gt; de la Fondation de Service politique. En ce qui concerne l’euthanasie, la loi Léonetti est menacée. Sans être parfaite, elle permet au corps médical d’apporter une réponse adaptée au cas de grande détresse sans tomber dans le suicide médicalement assisté. Le gouvernement jusqu’ici a fait front. Nous continuerons, sur ce point, de le soutenir (cf. dans cette édition la &lt;a href=&quot;http://www.libertepolitique.com/public/decryptage/article-2156-Affaire-Sebire-%3A-le-gouvernement-sous-pression.html&quot;&gt;note&lt;/a&gt; de Pierre-Olivier Arduin).&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;br /&gt; En quatrième lieu, l’encyclique sociale.&lt;/b&gt; Le second document majeur du magistère de Benoît XVI devrait paraître au printemps ou à la rentrée prochaine. Des difficultés de traduction expliquent le retard. Avec nos amis de l’association des économistes catholiques nous proposerons un travail d’analyse et de réflexion approfondie à son sujet. L’encyclique évoquera, en particulier, les questions d’environnement et de mondialisation, deux thèmes sur lesquels nous assurons une veille de ce qui se dit et fait dans l’Église.&lt;br /&gt; &lt;b&gt;&lt;br /&gt; Enfin il y a l’Europe&lt;/b&gt;. En août, la France présidera l’Union européenne. Nous souhaitons notamment qu’elle mette parmi ses priorités l’application de la convention de Varsovie sur la traite des femmes. En septembre, se sera le début de la pré-campagne pour les prochaines élections européennes. L’Europe constitue pour nous un chantier majeur. La pétition que nous avions lancée avec nos partenaires en faveur de la mention des racines chrétiennes dans le préambule du traité constitutionnel avait recueilli un million de signatures : du jamais vu en Europe ! Nous continuerons de suivre l’actualité européenne et d’intervenir à Paris comme à Bruxelles lorsque ce sera possible et opportun.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Beaucoup de travail nous attend et de nombreux chantiers sont en cours. Nous travaillons à la refonte du site Internet de la Fondation et comme vous avez pu le constater, de nouveaux collaborateurs nous ont rejoints. À travers notre lettre hebdomadaire &lt;i&gt;Décryptage&lt;/i&gt; et notre site que vous êtes de plus en plus nombreux à consulter régulièrement, nous allons amplifier, avec votre soutien, notre action culturelle et politique au service du bien commun et de la mobilisation de la conscience chrétienne, sans esprit partisan, éclairés par l’enseignement de l’Église et de Benoît XVI.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Dans la communion de l’Église et dans la joie de Pâques, soyez assuré de la fidélité de tous les animateurs de la Fondation de Service politique à l’immense espérance que nous portons ensemble.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;small&gt;&lt;b&gt;* Thierry Boutet&lt;/b&gt; est porte-parole de la Fondation de servicde politique, directeur du comité éditorial de &lt;i&gt;Liberté politique&lt;/i&gt;.&lt;/small&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;&lt;/p&gt; 
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<title>Nicolas Sarkozy mérite-t-il que l’on respecte sa vie privée ? par Charles-Henri d'Andigné</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Le blog des idées de Libertépolitique.com)</author>
<category>Politique</category>
<pubDate>Fri, 15 Feb 2008 20:10:00 +0100</pubDate>
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&lt;img src=&quot;http://libertepolitique.hautetfort.com/media/01/01/cac8b075c30c40ec1e90e67088066579.jpg&quot; id=&quot;media-848074&quot; alt=&quot;a03c25888c2d3a0b6446eddec3d27f7e.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-848074&quot; height=&quot;122&quot; width=&quot;122&quot; /&gt; « Si tu reviens, j’annule tout. » L’affaire du SMS de Nicolas Sarkozy, envoyé, dit-on, à Cécilia, et diffusé par le site Internet du &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt;, donne lieu à un débat des plus confus. Le &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt; s’excuse. &lt;i&gt;Le Point&lt;/i&gt; s’offusque. Schneidermann, dans &lt;i&gt;Libé&lt;/i&gt;, approuve, comme… Etienne Mougeotte, du &lt;i&gt;Figaro&lt;/i&gt;. Confusion due au fait, nous semble-t-il, que l’on tente de répondre en même temps à deux questions fort différentes : 1/ Fallait il publier cette information ? 2/ Le président est-il responsable de ce qui lui arrive ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; À la première question, la réponse est non, bien entendu. L’attitude de l’&lt;i&gt;Obs&lt;/i&gt;, par quelque bout qu’on la prenne, est indéfendable. En admettant que ce SMS soit authentique, il appartient à la vie privée de Nicolas Sarkozy et personne n’a à s’y immiscer. Une chose est sûre néanmoins : son directeur Jean Daniel aura beau reconnaître l’erreur de son journal (avec une certaine élégance, d’ailleurs), rien n’y fera : le doute subsistera, d’une part, et le site du &lt;i&gt;Nouvel Obs&lt;/i&gt;, d’autre part, restera dans tous les esprits comme un média où circulent les infos les plus « trash », où l’on est au courant de tout avant tout le monde… Quelles que soient les suites judiciaires de cette affaire, à moyen terme, ils seront gagnants.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais le Président n’a-t-il pas une part de responsabilité dans cette affaire ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Affirmons en préalable qu’un homme politique se juge à sa politique. À ses décisions politiques. La mesure de ses décisions est le bien commun : un coureur de jupon qui ne confond pas politique familiale et politique sociale, par exemple, est préférable à un pilier de sacristie qui fait le contraire. La cohérence du comportement politique est relative à la fin politique elle-même. Aussi bien, nous faisons crédit au Président de l’orientation qu’il donne à la laïcité de la République. Mais la fonction du chef de l’État l’engage : non seulement, il ne peut ignorer la portée &lt;i&gt;exemplaire&lt;/i&gt; de son rôle public sur les mœurs (ainsi sur la jeunesse), mais il doit faire preuve de discernement pour se faire respecter, lui et son autorité — qui est précisément politique.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Sous ce rapport, sa responsabilité est bien entendu énorme. En attaquant le journal au pénal, Nicolas Sarkozy se comporte comme un pompier pyromane. Dans la « peopolisation » de la vie politique, il a joué un rôle moteur. C’est lui qui, de tous les hommes politiques français, a joué le plus cyniquement, et le plus efficacement, croyait-il, cette carte-là. Sans jamais se poser la moindre question sur l’opportunité de ce phénomène, pour lui comme pour la vie politique en général.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; C’est lui qui, lançant sa campagne électorale, a exhibé son épouse de l’époque, jouant devant les médias ravis les Kennedy aux petits pieds. C’est lui qui a vu cette médiatisation lui revenir en pleine figure quand la belle fut partie, en galante compagnie, à New York… et qui jura, un peu tard, qu’on ne l’y prendrait plus. C’est lui qui, la belle revenue, recommença à se pavaner avec elle dans les journaux &lt;i&gt;people&lt;/i&gt;. C’est lui qui vécut son divorce en direct et en pleine lumière quand Cécilia décida que la comédie avait assez duré. C’est lui qui emmena sa nouvelle conquête en pré voyages de noces en Égypte et en Jordanie... et qui fit mine de s’étonner quand des centaines de journalistes le suivirent en rigolant…&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Et il faudrait qu’on le plaigne pour cette histoire grotesque de SMS ? Mais qui serait assez naïf pour cela ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; M. Sarkozy appartient à cette race très particulière de gens à qui la vie n’apprend rien. Sa vie privée est étalée, déformée, défigurée ? Oui, c’est fort regrettable mais c’est entièrement de sa faute. Les &lt;i&gt;paparazzi&lt;/i&gt; et certains journalistes se comportent comme des voyous ? Oui, bien sûr, quelle découverte ! Mais ils savent à qui ils s’attaquent. Ils n’ont encore jamais embêté personne avec la vie privée de François Fillon ou d’Édouard Balladur.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Alors de grâce, qu’on nous épargne le-respect-de-la-vie-privée-de-M-Sarkozy-qui-y-a-droit-comme-tout-le-monde. Billevesée que tout cela ! Dans sa position, le président a avant tout des devoirs. Devoir de dignité. Devoir de ne pas abaisser sa fonction plus bas que terre. Devoir de gratitude envers une nation qui lui a tout donné, y compris sa confiance. Devoir de discrétion, de décence, d’humilité et, pourquoi pas, de compréhension de la psychologie des Français… Qu’il soit respectable, en un mot, et il sera respecté.
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<title>Municipales 2008 : pourquoi s’engager dès maintenant, par Thierry Boutet*</title>
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<author>noreply@hautetfort.com (Le blog des idées de Libertépolitique.com)</author>
<category>Politique</category>
<pubDate>Thu, 20 Dec 2007 19:52:00 +0100</pubDate>
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&lt;p&gt;&lt;b&gt;&lt;img src=&quot;http://libertepolitique.hautetfort.com/media/00/02/7d29a204987a30115dfbe6e5fcf3d26e.jpg&quot; id=&quot;media-731478&quot; alt=&quot;af473f908b02f9d3ee5c2999bb2e597b.jpg&quot; style=&quot;border-width: 0pt; margin: 0.2em 1.4em 0.7em 0pt; float: left&quot; name=&quot;media-731478&quot; /&gt;Les 9 et 16 mars prochains, les Français éliront les conseillers municipaux de leurs villes et communes. La plupart des têtes de listes des grandes villes ont été désignées. C’est maintenant que se constituent les listes : pour les chrétiens, c’est le moment de faire acte de candidature, et de s'engager pour les soutenir activement.&lt;br /&gt;&lt;/b&gt;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; POURQUOI se présenter à une élection municipale ? L’expérience montre que l’engagement local d’un chrétien est non seulement possible mais efficace — à quelques conditions qu’il faut évoquer. Un mandat de conseiller municipal, d’adjoint au maire ou de maire permet de favoriser ou de promouvoir un ensemble d’initiatives respectueuses des droits de la personne, de la famille et du bien commun. Sous réserve qu’ils ne s’engagent pas pour « faire passer un message » mais pour se mettre au service des autres, les chrétiens cohérents et affichés sont généralement bien accueillis dans un conseil municipal. Cela reste vrai au niveau national même si les enjeux ne sont pas tout à fait les mêmes.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En dépit du discrédit global de la classe politique, l’élu, spécialement quand l’élection a lieu au scrutin uninominal, conserve une aura que rien n’est parvenu jusqu’ici à diminuer. Cela tient au rapport que celui-ci entretient avec ses électeurs. Cette relation est tissée de liens qui sont beaucoup plus forts que ceux que peut avoir un militant associatif avec ces mêmes personnes. Elle est basée sur la certitude, plus ou moins grande, que celui pour qui on vote est digne de confiance ou au minimum plus digne de cette confiance que ses concurrents.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Se faire connaître&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Pour cela l’élu doit en premier lieu se faire connaître, personnellement. La médiatisation des débats en fait plus que jamais un homme public. Cette dimension, encore faible pour un conseiller municipal, devient presque totale pour un président de la République dont la vie privée est entièrement exposée, quoiqu’il fasse.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Cette exposition présente évidemment des risques. Mais pour un chrétien, loin d’être un handicap, elle se présente plutôt comme une opportunité. Les chrétiens sont supposés avoir un minimum d’unité entre leur vie privée et leur engagement public, et sont appelés à être des témoins fidèles et publics du Christ. Le monde attend d’eux que leur conduite, leurs ambitions, leur parole publique, soient en cohérence avec la morale qu’ils affichent en privé. Cette transparence exige des chrétiens une vie chrétienne authentique, donc sacramentelle, avec tout ce qu’elle implique. Les pharisiens sont rarement populaires et malheur à celui qui cause un scandale. Un chrétien ne descend pas impunément dans la fosse aux lions habillé de lin blanc et de pureté candide, s’il n’est pas authentiquement un saint, malgré ses faiblesses. Dans le cloisonnement qu’opère volontairement beaucoup d’hommes politiques entre leur engagement public et leur vie privée, n’y a t-il pas, au-delà des raisons idéologiques, la peur plus ou moins consciente de perdre la face, faute d’unité entre ce qui est proclamé et ce qui est vécu ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Mais lorsque cette cohérence existe et qu’elle se manifeste, elle séduit généralement, y compris ceux qui ne partagent pas les mêmes convictions religieuses. C’est la raison pour laquelle les très nombreux chrétiens qui sont élus dans d’innombrables municipalités sont bien reçus alors qu’ils ne font pas mystère de leur foi. Ainsi, en 2005, dans une banlieue de Paris plutôt rouge que rose, un conseiller municipal affiché chrétien et soucieux de célébrer les jours saints a demandé et obtenu, y compris d’élus communistes, que le conseil municipal ne se tienne pas le Jeudi saint. Cet exemple de respect n’est pas unique. La réaction laïciste n’a pas court dans la vie locale.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Lorsque l’on sait se faire connaître pour ce que l’on est, il faut encore écouter ce que l’on vous dit. Or l’électeur a des préoccupations très prosaïques : chômage, sécurité, recherche d’emplois, implantation médicale, sport, budget, subventions, urbanisme, logement, circulation. Entendre l’électeur, c’est se mettre à l’écoute de ses préoccupations. L’élu ne choisit pas les questions que ses concitoyens lui posent, surtout s’il est dans la majorité.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;Accepter l’affrontement&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; En outre, ce travail de conviction s’exerce dans un contexte conflictuel. Les chrétiens engagés en politique doivent accepter ce conflit. Le monde politique n’est pas consensuel sur les questions de personne. L’élection est un choix entre deux personnalités, dont l’une est repoussée au profit d’une autre. Les querelles de personnes sont donc consubstantielles au système démocratique. Même s’il aime le consensus, le chrétien qui s’engage en politique doit accepter d’avoir des adversaires. Jean Paul II, à la suite de l’enseignement de saint Thomas d’Aquin, a été très clair sur ce point dans l’exhortation Christi fideles laici : l’affrontement entre les personnes n’est pas en lui même immoral. Mais la dureté du combat politique devrait conduire les chrétiens à prendre deux précautions.&lt;/p&gt; &lt;blockquote&gt;&lt;b&gt;La première est de ne pas s’isoler.&lt;/b&gt; Que ce soit dans un conseil municipal ou pour se présenter à la présidence de la République, l’engagement politique n’est pas un exercice solitaire. En démocratie, personne n’est majoritaire. Il n’est possible de travailler qu’en trouvant des alliances. L’alliance est un contrat qui se fait sur des points d’accord minimaux.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; C’est ici que se pose le plus souvent la question de l’adhésion à un parti politique. Elle soulève d’autant plus de problèmes au regard de la &lt;a href=&quot;http://www.libertepolitique.com/public/decryptage/article.php?id=929&quot;&gt;&lt;i&gt;Note Ratzinger&lt;/i&gt;&lt;/a&gt; (2002) et l’enseignement actuel de l’Église sur l’objection de conscience, que l’on se situe à un niveau élevé dans la hiérarchie d’un parti et que l’on atteint une dimension nationale. Les partis ont un mode de fonctionnement très monolithique et peu tolérants vis-à-vis de l’expression des différences légitimes à l’intérieur d’une orientation générale. L’imprégnation par le positivisme empirique de leur vision du monde les met le plus souvent à la remorque des idées dominantes au lieu de jouer leur rôle d’éclaireurs dans la résolution des problèmes de la Cité.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Il existe néanmoins des solutions acceptables. La manière dont Jean-Pierre Chevènement ou Christine Boutin, à gauche comme à droite de l’échiquier politique, ont réglé leurs problèmes d’appartenance montre ce qu’il est techniquement possible de faire valoir sa différence (et quoiqu’on pense de leurs stratégies respectives). S’associer à un parti de gouvernement ou à un groupe parlementaire ne signifie pas lui donner un blanc-seing.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;b&gt;La seconde précaution à prendre est de savoir patienter.&lt;/b&gt; Platon déconseillait aux jeunes gens de prendre des responsabilités trop tôt. Les motifs qu’il invoquait demeurent profondément justes. L’âpreté du combat, l’intensité de l’engagement personnel qu’il réclame, les sacrifices qu’il exige de l’entourage familial s’il y en a un, suppose des hommes et des femmes d’expérience et des personnalités aguerries. Combien d’hommes et de femmes politiques ont aujourd’hui des vies familiales en lambeaux et des enfants à la dérive ?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; La politique ne devrait pas non plus être une profession à vie. Or un engagement précoce risque d’en faire trop tôt une « carrière ». En France particulièrement, trop d’hommes et de femmes politiques sont des professionnels de la politique à commencer par le chef de l’État lui-même. Ce carriérisme n’est souhaitable ni pour les personnes, ni pour la vie politique, ni pour la société.&lt;/blockquote&gt; &lt;p&gt;&lt;b&gt;Une vocation&lt;/b&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; L’engagement politique relève davantage de la vocation que de la profession. Pour un chrétien, elle est une forme éminente de la charité et elle appelle de nombreux sacrifices.&lt;br /&gt; C’est pourquoi l’homme politique, de quelque bord qu’il soit, doit pouvoir trouver auprès de l’Église un soutien et un réconfort. En ce sens, le Service pastoral d’études politiques fondé par le cardinal Lustiger pour assurer auprès des parlementaires et du personnel politique une présence d’Église est une heureuse initiative [1]. De très nombreux parlementaires, croyants ou non, sont en contact avec lui et fréquentent ainsi l’Église, le cas échéant discrètement, comme Nicodème !&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; À ces conditions, l’engagement politique devrait être une priorité pour les catholiques qui trop souvent le délaisse aujourd’hui. Il leur permet d’être présent sur le terrain et de témoigner au contact de leurs concitoyens de leurs convictions et des motifs de leur engagement. De nombreuses femmes y sont attendues en raison de la loi française sur la parité. Souvent plus attentives aux questions qui relèvent de la culture de vie, de la famille et de l’éducation, elles ont un rôle primordial à jouer à tous les échelons.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Malheureusement très peu d’hommes et de femmes politiques engagés dans un parti parviennent à conserver une autonomie suffisante vis-à-vis des exigences et des contraintes inhérentes à un engagement à contre-courant de la pensée dominante. Beaucoup de chrétiens y renoncent, faute de « charisme », de formation ou simplement de temps. Qui plus est, ceux et celles qui y parviennent, avec leurs limites, font généralement l’objet d’un ostracisme interne de la part des catholiques comme si les clivages politiciens devaient, étonnamment, prévaloir sur la communauté de leur foi. D’accord ou pas avec leurs choix tactiques ou leurs options temporelles respectives, les catholiques devraient éviter de « se tirer dessus » au lieu de prendre un soin extrême à se démarquer les uns des autres.&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Si l’on ne se sent pas prêt ou appelé à s’engager dans des joutes électorales, d’autres modalités d’action possible, dans la ligne des conseils de la Note Ratzinger, sont offertes aux catholiques qui ont le sens du bien commun. Ces formules existent en relais et en appui des chrétiens engagés dans un mandat électif. Nous y reviendrons.&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; *&lt;b&gt;Thierry Boutet,&lt;/b&gt; président du comité éditorial de Liberté politique, a publié &lt;a href=&quot;http://www.libertepolitique.com/public/services/livre.php?id=347&quot;&gt;l’Engagement des chrétiens en politique&lt;/a&gt;. Ce Décryptage est extrait et adapté de la VIe partie « Fractures », chapitre VII : « Le combat de l’élu politique ».&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt; &lt;hr align=&quot;left&quot; width=&quot;50%&quot; /&gt; [1] Actuellement sous la responsabilité du père Matthieu Rougé, recteur de la basilique Sainte-Clotilde (VIIe). &lt;p&gt;&amp;nbsp;&lt;/p&gt;
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