29 mai 2008
Un manuel de propagande contraceptive à l’école
Les programmes de SVT en cours de 4e comportent depuis 2007 un chapitre entier sur la contraception. Surpris par le contenu du manuel proposé à leurs enfants, des parents ont entrepris un relevé des erreurs et des malhonnêtetés de cette propagande véhiculée dans un établissement catholique. Sur la suggestion du chef de l’établissement, ils ont alerté leur évêque, mais les mesures prises au sein de l’école n’ont pas encore donné lieu à un discours vrai et sans ambigüité. Quand c’est nécessaire, les parents d’élèves doivent faire valoir leur droit naturel à trouver dans l’école de leurs enfants une éducation libre et responsable. Plus qu’ils ne le croient souvent, leur intervention peut aider les chefs d’établissement et les professeurs qui se sentent parfois isolés dans leur mission d’éducateurs catholiques. Ce manuel, Sciences et Vie de la Terre, 4e (programme 2007), est dirigé par C. Lizeaux et R. Tavernier aux éditions Bordas.PARENTS D’ELEVES en classe de quatrième, nous nous sommes intéressés au chapitre de leur manuel de SVT sur « Les méthodes contraceptives ». Voici la synthèse des incohérences et des lacunes que nous avons relevées, avec les questions éthiques qu’elles soulèvent.
Les confusions du manuel
Le chapitre « Les méthodes contraceptives » du manuel comporte plusieurs imprécisions fâcheuses. La première que nous avons relevée se situe au tout début du chapitre. Le document n° 1 (p. 154) donne le but de l'utilisation d'une méthode de contraception : permettre à un couple de choisir le moment de la naissance de ses enfants et d'en décider le nombre. Un encadré, à la même page, précise que sur les 350 000 grossesses non désirées par an en France, les deux tiers surviennent alors qu’un moyen de contraception avait été utilisé [1]. Cela signifie-t-il que la contraception est sous-utilisée ou qu'elle est inefficace ?

Le manuel aborde également de façon très (trop ?) technique la question de l’efficacité des méthodes contraceptives, et ce avec une certaine confusion.
Le tableau de la page 154 fait apparaître la répartition des différents moyens de contraception dans le "% des grossesses non désirées" ; page 155, on parle "de grossesses non désirées". Autrement dit, p. 154, sur 100 grossesses non désirées 12 sont survenues alors qu'un préservatif avait été utilisé ; p. 155, sur 100 rapports sexuels avec préservatif, 3 aboutissent à une grossesse non désirée. Les deux données ne sont pas contradictoires, pas directement comparables, mais comment s'y retrouver ? Le doute s'installe... Il est vrai qu'il est difficile de faire mieux avec ce genre de produit, mais pourquoi ne pas le dire ?
Page 160, il est précisé aussi que « la pilule est un moyen de contraception très efficace à condition de bien suivre son mode d'emploi ».Sur la même page (ci-contre), une nouvelle confusion apparait : il est expliqué qu'« une méthode contraceptive doit à la fois être efficace, réversible et dépourvue d'effets nocifs ». La page précédente décrit la contraception d'urgence en disant que « les effets d'une utilisation répétée sont mal connues : son utilisation doit donc rester occasionnelle ».
Ces confusions ne nous semblent pas pédagogiques. Selon nous, elles risquent de :
- perturber la logique de nos enfants en leur demandant de comprendre des informations qui manquent de clarté ;
- diminuer l'autorité et le prestige des professeurs (s'ils utilisent ce manuel).
Des lacunes
Dans sa conclusion, le manuel de nos enfants explique qu'une méthode contraceptive efficace doit être sans risque. Il présente à nouveau la pilule comme la méthode la plus efficace (p. 160). Il nous semble que cette conclusion sous-entend que la pilule est sans risque. Or à l'été 2005, le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), basé à Lyon [2] annonçait que les contraceptifs oestro-progestatifs sont des cancérigènes du groupe 1 — c'est-à-dire avec le niveau de preuve le plus important — après un examen complet de la littérature scientifique : « Les experts estiment que la pilule contraceptive augmente le risque de cancer du sein, de cancer du col de l'utérus et de celui du foie. En revanche, elle diminue celui de l'ovaire et celui de l'endomètre. »Deuxième grave lacune : les conséquences psychologiques de l'utilisation de ces méthodes ne sont pas abordées. L’une d'entre elles, nous semble-t-il, est la modification de son esprit à l’égard de l’accueil de la vie. L’un des aspects de la mentalité contraceptive est un refus de la vie quand elle n'a pas été choisie pouvant aller, dans certain cas, jusqu'à l'avortement. Le principe de précaution devrait commander au cours sur les méthodes contraceptives de traiter sans tabous les risques liés à la prise prolongée de pilules, ainsi que les conséquences psychologiques dues à une contraception.
Les impacts éthiques
1/ Il n'y a pas de définition précise du terme « contraception » dans ce document et cela nous semble préjudiciable. Deux objectifs apparaissent :
- empêcher la conception,
- prévenir la grossesse.
Cette question du commencement de la vie et de ses impacts sur la contraception dépasse largement ce cours sur les méthodes contraceptives. Elle devrait donc être abordée dans un autre cadre.
2/ Le manuel explique également que presque tous les couples utilisent une méthode contraceptive : « Doc. 2 : 75 % des couples utilisent un des moyens de contraception. » Le manque de définition est pénalisant pour déterminer la portée de cette phrase. La pratique des méthodes naturelles [3] peut-elle être assimilée à une méthode contraceptive ? D'après les définitions citées supra, il nous semble que non puisque ces méthodes n'empêchent ni la conception, ni la grossesse. Or l'emploi d'une méthode contraceptive ou naturelle ressort du choix éthique de chaque couple et que cette question devrait être abordée dans un cadre autre que celui de ce cours.
Enfin le début du chapitre aborde la contraception comme un moyen de réguler les naissances pour un couple, sous-entendu désirant avoir des enfants, donc un couple « stable » et responsable ; mais il est également largement question dans les pages qui suivent de la sexualité des jeunes et des très jeunes. Permettre un tel trouble sur le sujet étudié est-il intellectuellement honnête ? Veut-on parler de régulation des naissances ou de relations sexuelles sans engagement ?
3/ Le manuel laisse sous-entendre qu'il n'est pas anormal d'avoir des relations sexuelles avant 18 ans. Il précise (p. 159) qu'une mineure peut obtenir une « pilule du lendemain » en pharmacie ou à l'école, sans aucune autorisation parentale, médicale ou autre (doc.3). Ce dispositif est sûrement légal mais il n'est pas anodin.4/ L'éditeur de ce livre a développé un site Internet qui reprend sa table des matières et propose différents liens en présentant succinctement le complément de cours qu'ils apportent (cf. ci-contre). Certaines indications pratiques (par exemple : « Des conseils pour bien prendre sa pilule et sur ce qu'il faut faire en cas d'oubli ») ou certains sites (par exemple www.aufeminin.com à partir du lien sur « Les nouvelles contraceptions »), sont hors sujet par rapport au cours car ils incitent à un certain comportement et dépassent largement un apprentissage purement scolaire.
5/ Le graphique de la page 154 (ci-contre) et son commentaire présente l'utilisation des préservatifs dès l’âge de 15 ans, soit dès la classe de 3e, comme quelque chose de normal.Or le choix d'avoir des relations sexuelles en tant que mineurs, jeunes adultes ou après le mariage, est une décision éthique. Aussi, il nous semble que ces éléments devraient être abordés dans un autre cadre que ce cours.
***
Au vu de ces éléments, il nous semble que le périmètre de ce cours de SVT de 4e n'est pas bien défini : est-ce bien le lieu pour aborder un sujet aussi complexe que la contraception, sans tomber dans l’écueil de la fausse naïveté pour ce qui concerne les relations sexuelles précoces, et sans occulter les nombreuses questions morales qui s’y rapportent ? Préciser ce point nous parait important et nous nous demandons s'il ne serait pas judicieux de proposer un complément sous une forme ou sous une autre aux familles qui le désirent.
Catholiques pratiquants, nous essayons de respecter les critères objectifs et rationnels d'une éthique responsable, rappelée par l'enseignement de l'Église, et d'apprendre à nos enfants à faire de même. Notre démarche est principalement motivée par notre foi, qui nous éclaire sur la nature de la personne humaine. Aussi, nous souhaitons que le cours « les méthodes contraceptives » soit conforme à l'enseignement de l'Église (cf. encadré ci-dessous).
Jérôme et Juliette Verdier, Quentin et Agnès Renard, parents d’élèves de 4e dans l’enseignement catholique.
[1]D'après les chiffres que nous avons trouvés sur l’Internet (816 500 naissances et 210 000 avortements), il y a eu 34 % de grossesses non désirées en 2007.
[2] Le CIRC est un centre dépendant de l'Organisation mondiale de la santé.
[3]ces méthodes consistent connaitre les périodes fécondes de la femme et à pratiquer l'abstinence quand le couple ne souhaite pas avoir d'enfant.
L’ÉGLISE CATHOLIQUE ET LA CONTRACEPTION
Don des époux et procréation responsable
Catéchisme de l'Église catholique, n. 2368 — Un aspect particulier de cette responsabilité concerne la régulation de la procréation. Pour de justes raisons (cf. Gaudium et Spes, 50), les époux peuvent vouloir espacer les naissances de leurs enfants. Il leur revient de vérifier que leur désir ne relève pas de l’égoïsme mais est conforme à la juste générosité d’une paternité responsable. En outre ils règleront leur comportement suivant les critères objectifs de la moralité.
Lorsqu’il s’agit de mettre en accord l’amour conjugal avec la transmission responsable de la vie, la moralité du comportement ne dépend pas de la seule sincérité de l’intention et de la seule appréciation des motifs ; mais elle doit être déterminée selon des critères objectifs, tirés de la nature même de la personne et de ses actes, critères qui respectent, dans un contexte d’amour véritable, la signification totale d’une donation réciproque et d’une procréation à la mesure de l’homme ; chose impossible si la vertu de chasteté conjugale n’est pas pratiquée d’un cœur loyal (GS 51, § 3).
La vocation de l’homme
Catéchisme de l'Église catholique, 2369 — « C’est en sauvegardant ces deux aspects essentiels, union et procréation, que l’acte conjugal conserve intégralement le sens de mutuel et véritable amour et son ordination à la très haute vocation de l’homme à la paternité » (Humanae Vitae, 12).
La régulation naturelle
Catéchisme de l'Église catholique, n. 2370 — La continence périodique, les méthodes de régulation des naissances fondées sur l’auto-observation et le recours aux périodes infécondes (cf. HV 16) sont conformes aux critères objectifs de la moralité. Ces méthodes respectent le corps des époux, encouragent la tendresse entre eux et favorisent l’éducation d’une liberté authentique. En revanche, est intrinsèquement mauvaise " toute action qui, soit en prévision de l’acte conjugal, soit dans son déroulement, soit dans le développement de ses conséquences naturelles, se proposerait comme but ou comme moyen de rendre impossible la procréation " (HV 14) [...].
La formation des jeunes
Benoît XVI, 16 mai 2008. — L’urgence de la formation, à laquelle je fais souvent référence, voit dans le thème de la vie l’un de ses thèmes privilégiés. Je souhaite vraiment que l’on réserve notamment aux jeunes une attention toute particulière, afin qu’ils puissent apprendre le véritable sens de l’amour et se préparent pour cela avec une éducation adaptée à la sexualité, sans se laisser distraire par des messages éphémères qui empêchent d’atteindre l’essence de la vérité qui est en jeu.
Fournir de fausses illusions dans le domaine de l’amour ou tromper sur les responsabilités authentiques que l’on est appelé à assumer avec l’exercice de la propre sexualité ne fait pas honneur à une société qui se réclame des principes de la liberté et de la démocratie. La liberté doit se conjuguer avec la vérité et la responsabilité avec la force du dévouement à l’autre et également avec le sacrifice ; sans ces composantes la communauté des hommes ne grandit pas et le risque de se refermer dans un cercle d’égoïsme asphyxiant demeure.
Discours aux participants du congrès international organisé par l’Université pontificale du Latran à l’occasion du quarantième anniversaire de l’encyclique de Paul VI “Humanae Vitae”.
11:44 Publié dans Education | Lien permanent | Commentaires (22) | Envoyer cette note | Tags : education, manuel scolaire, contraception, morale sexuelle, eglise



Commentaires
La réaction des parents est bien timide.
Ecrit par : Yves Raoux | 29 mai 2008
bravo d'avoir pris le temps de faire tout ce travail de mise en cohérence !
Ecrit par : perez hélène | 29 mai 2008
Cher Commissaire,
Honneur à vos travaux et à votre réaction.
On attend l'action de nos évêques qui sont toujours à ménager la chèvre et le chou.
Montez au créneau tant que vous le jugerez opportun: on vous soutiendra fraternellement et spirituellement.
Avec mon plus chic salut!
RP M.WALLUT
Ecrit par : RP M.WALLUT | 30 mai 2008
J'ai lu avec beaucoup d'intérêt cet article. Même dans sa forme très résumée vous avez su souligner quelques graves lacunes dans la présentation de la contraception.
Cependant, mais peut-être ai-je mal compris, il ressort parfois à la lecture une trop grande bienveillance.
Vous dites très justement que "la contraception n'est pas définie" dans le fascicule.
C'est en effet une lacune qui ne me semble pas fortuite (en tous cas pas totalement si on veut rester ouvert au dialogue, chose difficile!).
Ainsi peut-on faire passer plus aisément des méthodes qui sont, en tout cas potentiellement dans l'action et premières dans l'intention, abortives.
La confusion est complète aujourd'hui car il est avéré qu'après un temps suffisamment long et malgré le forcing de certains lobbies, l'objectif "la contraception pour tous", la disparition du risque de passage à l'avortement n'est pas atteint.
Il serait trop long de développer ici les raisons.
Il n'en reste pas moins que l'on ne peut pas, si l'on veut vivre chrétiennement la sexualité, se limiter à une présentation technique des méthodes de contraception.
Il est devenu une gageure aujourd'hui de le faire comprendre, y compris à des parents et à des enfants aux convictions enracinées. Nous sommes bien entrés, et c'est toujours d'actualité en mai 2008, dans la "mentalité contraceptive" et dans une sexualité "hors ,normes" (= qui exclut de la réflexion les normes de la moralité auxquels un chrétien est tenu d'adhérer s'il veut être cohérent).
1968 est aussi la date de la publication de l'Encyclique Humanae vitae.
Il faut avoir du courage pour aller plus loin.
Il n'y a pas d'autre issue possible.
Docteur Pierre-Marie Girardot
Ecrit par : Girardot (Pierre-Marie) | 31 mai 2008
Bravo pour cette réaction et votre travail d'analyse !
Cela doit inciter tous les parents catholiques que nous sommes à être vigilants et attentifs.
Benoît de Maupeou
Ecrit par : de Maupeou | 31 mai 2008
Bravo pour votre travail et merci au docteur Girardot pour sa réaction.
Connaissez-vous "TeenSTAR" dont l'enseignement en matière de sexualité pour les jeunes correspond à l'esprit de Humanae Vitae et permet d'aborder tous les sujets sans tabous.
Quelques diocèses en France, Toulon, Avignon...encouragent cette formation pour les jeunes.
Leur site: http://www.teenstarfrance.org/
Ecrit par : Myriam DAVID | 01 juin 2008
MERCI,
Ecrit par : marsollier | 01 juin 2008
J'ai moi même découvert la même propagande dans un ouvrage BELIN de 4è SVT utilisé dans un Lycée "Catholique" breton
J'ai multiplié les démarches tant au niveau local (Etablissement et diocésain) que national (CEF) pour un résultat vraiment décevant
chacun se retranchant en affirmant que le programme est le programme
et que l'Education Nationale l'impose et qu'il faudra réfléchir à la question....
En réalité, aucun de nos Evêques (sauf exception) notamment à la CEF n'entend faire quoique ce soit
en fin de compte, et pour l'instant j'ai rencontré le professeur de mon fils
elle m'a promis de me faire part du contenu de son cours avant de le présenter à ses éléves
j'attends...
serait il possible de contacter les auteurs de l'article pour pouvoir échanger avec eux sur la manière dont ils entendent agir
avec mes remerciements
Tallendier Hugues
Ecrit par : Tallendier Hugues | 01 juin 2008
Bonjour
Il est impératif d'alerter Eric de Labarre, Secrétaire Général de L'Enseignement Catholique. Il est sensible à ce type de dossiers.
J'ai pu le vérifier sur un dossier un peu similaire : un établissement qui avait organisé une visite de l'exposition "le zizi sexuel".
Cordialement
Ecrit par : de lagoutte | 02 juin 2008
Il est navrant que l'on ne présente aux enfants que les méthodes chimiques ou le préservatif alors que la méthode des températures ou la méthode billing sont très efficaces dans la plupart des cas ; il faudrait aussi expliquer que cette abstinence en périodes fertiles permet de mieux se retrouver ensuite ce qui est source d'un grand bonheur et évite la banalisation.
Ecrit par : Françoise Méténier | 02 juin 2008
Merci à vous 4 d'avoir si bien résumé les choses ! On peut rajouter que le livre, si ma mémoire est bonne, annonce les 3 effets de la pillule contraceptive : bloquer l'ovulation, modifier la glaire, et empêcher la NIDATION de l'oeuf dans l'utérus (modification de l'endomètre), ce qui revient à dire que la pillule est aussi un abortif potentiel quand il y a eu (éventuellement ) fécondation. Evidemmment, ce n'est pas dit....on comprend les auteurs... Pour avoir rétabli la vérité et la beauté du fonctionnement du corps humain auprès de 350 jeunes cette année par des petites conférences ( grâce aux aumôneries, AFC, et à certaines écoles qui nous ont ouvert les portes), nous pouvons redire ici la soif et le bonheur des jeunes à apprendre ce qui est beau et vrai. Merci encore à vous ! Pauline.
Ecrit par : Gillard-Chevallier Pauline | 02 juin 2008
Au delà de ces réflexions se pose la question de la morale, i.e. celle du comportement humain. Il faut mettre en parallèle la morale et la vie humaine, est-ce-que la morale et la vie sont compatibles ?
C'est qu'avant tout il faut être capable de définir ce que l'on appelle vie, est-ce bien la possibilité pour un être humain de réaliser des actes pour atteindre ses buts , qui sont essentiellement , se nourrir , se réjouir et profiter de cet environnement dans lequel la création l'a mis...Si c'est oui, alors il faut considérer comme moral tout ce qui favorise l'atteinte de ces buts, et immoral tout ce qui mets un barrage à leur réalisation...
C'est bien celà la Morale, toute déviation de cette conception est comme un pied posé sur un terrain en pente et glissant, il nous entraîne infailliblement vers un abîme sans fond, celui du mysticisme et de ses adeptes, et dont les agissements, depuis les sectes jusqu'aux mouvements fondamentalistes, ne sont pas issus d'un "claquement de doigts", mais ont leurs racines, et souvent bien profondes, dans tout un processus d'errements et de tolérances vis-àvis de certaines conceptions erronées de la Morale, lesquels aboutissent à ce que l'on sait...Il faut repenser les fondements de la Morale, et les recentrer sur la notion de vie humaine, de liberté, et de buts à atteindre par l'individu. C'est à cette aune, et à nulle autre, que l'on pourra mesurer les progrès de la civilisation, ou le retour vers la barbarie (dont l'histoire , y compris la plus récente, nous a suffisamment démontré la possibilité...).
Ecrit par : DELGADO | 02 juin 2008
Père de 4 enfants, donnant quelques cours de physique dans un établissement qui a l'étiquette 'catho', je ne sais si mes jeunes collègues enseignates en SVT sont naïves ou se fichent complétement de cette notion de Morale très justement précisée par Mme ou M Delgado ... Fraichement émoulues de IUFM, et terrorisées par les Inpecteurs, elle appliquent scrupulusement LE programme et les méthodes fumeuses de decouverte par l'élève... Mes rares cheveux se sont dressés sur ma tête lorsque j'ai vu circuler un stérilet en classe de 4ème!!! Ce n'est pas facile pour ces professeurs pris entre le marteau et l'enclume (ou la faucille?) ...
En outre je relève bien dans le disocurs de notre Pape la notion de liberté associée à la responsabilité... Et c'est là que mai 68 intervient avec nos dirigeants et fonctionnaires issus de cette mouvance. La Morale, Dieu, la transmission du passé ont été brulés sous les pavés... Mais comme il faut faire croire que l'on veut contenir les dépenses de la 'Sécu' on invente toutes sortes de reglementation et de lois liberticides (limites de vitesse, interdiction de fumer, de boire un peu d'alcool, d'avoir une peinture comme ceic ou cela.... la liste s'allonge chaque jour), mais en matière de santé morale, RIEN, ou plutôt tous les excès sont recommandés... à condition de ne pas attrapper de maladies comme le sida ou une naissance... Car la grossesse est devenue une maladie au lieu d'être un don de Dieu (ou même de la nature pour les écolos!). Le rêve de certains de nos penseurs politiques étant sans doute de pouvoir 'acheter' des bébés chez auchan afin que les femmes ne soient plus obligées de 'tomber' enceintes.
En fait, la morale traditionnelle et disons 'naturelle' est progressivement par une morale définie par les 'hautes autorités' et autres directions hygiénnistes . Et cette nouvelle 'morale' ne souffre aucune discussion sans risque d'être qualifé de 'réac' ou fasciste.
Comment mener ce combat de changement profond des mentalités qui sont sans doute construites grace au lavage de cerveau pratiqué par la quasi totalité des médias télé en tête?
Quelques actions ponctuelles sur le contenu d'un manuel y suffiront-elles ?
Quand j'essaie d'en parler dans l'établissement, on m'explique que le jeunes doivent être informés... sans doute mais pas n'importe comment?
Ecrit par : Dorange | 07 juin 2008
Permettez-moi d'ajouter un commentaire à ce que dit Myriam DAVID.
TeenSTAR offre effectivement un complément "indispensable" au programme officiel, indispensable en tout cas dans une école qui n'a pas de catholique que le nom.
En effet, TeenSTAR prend le temps (un douzaine de rencontres avec les jeunes) d'aborder la sexualité et l'affectivité dans toutes leurs dimensions... et non pas seulement une vision hygiéniste étriquée.
Pour voir si TeenSTAR intervient déjà dans votre région, consultez la carte sur http://www.teenstarfrance.org/carte.htm
Ecrit par : Marc du Chaffaut | 09 juin 2008
Ce dossier nous touche beaucoup parce que nous avons conduit cette année un combat similaire à Orléans autour d'un livre de SVT de 4ème que nous avons stigmatisé comme attentatoire à la dignité de nos enfants, à la liberté de conscience, à la liberté d'opinion telle que la France pourtant l'admet dans son droit positif, à la vérité et à la plus élémentaire méthode scientifique qui soit. Nous avons présenté ce livre, ni plus ni moins comme étant une agression caractérisée aux droits de l'homme en situant le propos sur des segments compréhensibles par tous même si notre motivation est tout autrement fondée... Il s'agit bien d'un combat car les contenus étant tels aujourd'hui, ils constituent déjà une agression avérée. Selon le mot de nos deux derniers Papes, il s'agit bien désormais et d'abord de résister en attaquant puis de discuter ensuite ; c'est la conscience en germe, celle de nos enfants qui est l'enjeu ; un motif suffisant pour décripter mot après mot le contenu des livres de nos écoles à chaque rentrée et de les renvoyer avec les commentaires qui s'imposent chaque fois que la vérité est baffouée sans conteste. (à l'Evêque, au Ministre, au directeur diocésain etc.. (par exemple on enseigne dans le livre de ma fille que la pillule du lendemain est un moyen de contraception alors que c'est un moyen d'avortement surtout - on retourne les consciences en obligeant les enfants je cite, à trouver par eux mêmes les arguments à dire à quelqu'un pour lui conseiller de prendre la pillule. Quand on est contre et qu'il faut trouver des arguments pour dans une atmosphère permissive que se passe t-il dans la conscience de la jeune personne ? Elle penche vers la masse...Et ceci est un viol....Le retournement s'opère dans ces instants là chez les enfants fragiles qui n'aiment pas être ostracisés...)
Ecrit par : Bordier François | 14 juin 2008
Les parents concernés devraient retirer illico leurs enfants d'une "école catholique" qui
utilise un tel manuel. Si les catholiques agissaient ainsi, les chefs d'établissement dont
la pensée est confuse sur ce sujet, y verraient plus clair.
Ecrit par : Lestienne | 08 juillet 2008
Les parents concernés devraient retirer illico leurs enfants d'une "école catholique" qui
utilise un tel manuel. Si les catholiques agissaient ainsi, les chefs d'établissement dont
la pensée est confuse sur ce sujet, y verraient plus clair.
Ecrit par : Lestienne | 08 juillet 2008
Les parents concernés devraient retirer illico leurs enfants d'une "école catholique" qui
utilise un tel manuel. Si les catholiques agissaient ainsi, les chefs d'établissement dont
la pensée est confuse sur ce sujet, y verraient plus clair.
Ecrit par : Lestienne | 08 juillet 2008
Chers amis,
Je vous avoue que je suis effaré et très inquiet, suite à la lecture de la plupart des commentaires rapportés sur cette tribune, à propos de la contraception et de l’enseignement à l’école de la République ou au sein des écoles dites Catholiques ( mais subventionnées et autorisées par l’État ! ).
Est-il permis de donner un point de vue différent ?
Les règles définies par nos institutions sont celles de la République et de notre démocratie. Elles sont bien imparfaites certes, mais je pense que nous pouvons en être fiers, au moins sur de nombreux points. Ne sont-elles pas, dans notre monde actuel, parmi les moins mauvaises ?
Pour en être convaincu il suffit de les comparer à celles d’états où des valeurs essentielles comme la liberté de conscience, la liberté de pensée, la liberté de culte, l’obligation de respecter autrui et d’être solidaire, le respect en toutes circonstances de la vie et l’égalité de droits et de devoirs (quels que soient le sexe, les convictions personnelles et le rang social de chacun ), ne servent pas de références.
Sans doute faut-il aussi avoir constamment présent à l’esprit l’incroyable arrogance et l’attitude péremptoire d’états qui n’ont pas hésité pas à faire appel, selon les cas, à la Bible, au Coran, ou à Dieu et ses nombreux saints et prophètes, pour afficher leur identité religieuse et parfois leur prétendue supériorité!
C’est alors que la religion peut servir de justification « noble » au désordre, aux divisions et à la violence et conduire, suprême blasphème, à la haine de l’autre. L’histoire est riche d’enseignements sur ces points , mais c’est ce que nous avons observé encore aujourd’hui !
Certaines formes d’expression les plus orthodoxes de l’Islam , du Christianisme et du Judaïsme ont puisé dans leur doctrine des arguments justifiant la mise à l’écart de ceux qui n’appartiennent pas pleinement à la même communauté religieuse, voire ethnique. L’avons nous oublié ?
L’actualité récente ne nous en donne-t-elle pas des exemples frappants ?
Enfin il existe également d’autres pulsions, moins voyantes et plus subtiles, qui laissent penser que certains groupes ne seraient pas opposés à l’instauration de véritables théocraties, articulées autour de l’une ou l’autre des trois religions monothéistes. Comment ne pas s’en inquiéter ?
Vous pensez peut-être qu’en affirmant cela je « dérape », par rapport aux problèmes plus concrets soulevés par la contraception ?
Je ne le crois pas, car des liens existent entre cette obsédante recherche de la perfection, du « sans taches », de la pureté, du respect absolu de « la loi » et certains discours de l’Église lorsqu’elle proclame de façon hautaine « la vérité » et la prééminence du catholicisme sur les autres religions ( alors que se développe, non sans difficultés, le dialogue interreligieux ), ou lorsqu’elle rappelle avec solennité sa doctrine sous la forme avant tout d’interdits, en particulier pour tout ce qui a trait à la sexualité !
D’où vient donc ce besoin impérieux qu’ont encore certains membres de l’Église Catholique et de sa hiérarchie d’intervenir inlassablement sur tout, à temps et à contretemps ?
Pourquoi donc ne tolèrent-ils pas que le « monde occidental et chrétien », et l’ensemble de la planète ( qui ne comporte pourtant qu’un nombre très modeste de chrétiens : environ I/6ème de baptisés sur la terre, mais combien de pratiquants convaincus? ), choisissent de vivre sans adopter scrupuleusement toutes les consignes du Vatican en matière de morale !
Qu’ils le déplorent, c’est bien normal et je le déplore aussi sur bien des points, mais comment ne pas souhaiter qu’ils cessent un jour de témoigner du message d’Amour de Jésus en se focalisant , avant tout, sur les sujets qui ont un lien avec la sexualité ; mettant ainsi au second plan le nombre infini des autres offenses faites à Dieu et à sa création dans tous les coins du monde?
Je ne me souviens pas que les Évangiles aient parlé de la sexualité autrement qu’en soulignant combien l’homme s’égare lorsqu’il n’aime pas assez son prochain, et ce quel qu’il soit et quoi qu’il ait fait de bien ou de mal, et lorsqu’il ne respecte pas comme il convient la femme, fût-elle pécheresse, et les liens du mariage.
De plus, pendant ce mois de juillet où Dante Alighieri, le plus grand des poètes à mon humble avis, et sa « Divine Comédie », sont à l’honneur au Festival d’Avignon, je relisais certains passages de sa « comédie », devenue pour moi aussi une seconde Bible ; j’ai constaté que ce poème de plus de 14000 vers ne contenait aucune recommandation sur la contraception mais rappelait une multitude d’indications sur le respect qu’on doit à la vie, sur l’Amour incommensurable de Dieu pour les hommes et sur la « Révélation », présentée sans doute sous les habits de « Dame Béatrice » ( lire « Dante, le théologien », de P.Mandonnet,O.P. Édit.Desclée de Brouwer, Paris 1935 ).
Et à propos de cette recherche effrénée de la pureté et de ses excès, ne convient-il pas de se souvenir constamment de l’histoire de Jacob et de ses fils, plus exactement de sa fille Dina et de Sichem, fils de Hamor ( Genèse 34 ) ?
Pourquoi enfin est-il si rarement question dans ces nombreuses mises en garde de nos pasteurs, de la « tendresse de Dieu » ? Formule que j’emprunte volontiers à un cardinal qui n’est peut-être pas aussi fictif qu’on le pense ( « Confession d’un cardinal » d’Olivier Le Gendre- Éditions JC Lattès, paru en mai 2008 ).
Quant à « l’école de la République » et à l’enseignement qu’elle dispense à nos enfants sur des sujets tels que la sexualité et les risques qui peuvent lui être liés, préféreriez vous que nos démocraties définissent leurs règles de fonctionnement et leurs programmes éducatifs « sous l’estampille du Vatican », plutôt que sous « sous l’estampille de la République »?
Cette dernière expression qui m’a paru plutôt méprisante pour la République, vu son contexte, je me permets de l’extraire du cri d’alarme intitulé « Oui à la vie, une priorité pastorale et politique pour l’Europe », exprimé sur cette tribune le 27 juin dernier par notre évêque Mgr Jean-Pierre Cattenoz .
Et si tel était votre souhait, je crois sincèrement qu’il faut cesser de rêver car cela signifierait, soit que vous n’hésiteriez pas à imposer le point de vue de l’Église à l’ensemble de l’humanité, soit que vous préfèreriez vous couper définitivement du reste du « monde », en raison de je ne sais quelles craintes. Pourtant notre Seigneur Jésus Christ nous a bien demandé d’ être pleinement plongés dans ce monde afin d’essayer d’y être le levain qui fait lever la pâte, de l’animer par ce feu qui est en chacun d’entre nous, dont nous parle Luc ( 12-49 ), et d’être ce « sel de la terre » qui ne doit pas perde sa saveur ; comme il l’ a fait lui même. Mais il l’a fait en nous recommandant aussi de « rendre à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ». C’était là, pour moi, l’un des premiers actes fondateurs du magnifique concept de laïcité et un précepte que les hommes, et encore plus l’Église, devraient observer plus souvent..
Ne faisons pas d’erreur sur les priorités et sur l’ordre des choses !
Les « autres », ceux qui se sont éloignés de l’Église, ceux qui se réfèrent à d’autres religions et ceux qui ne croient pas en Dieu, ne comptent-ils pas pour vous ?
Ces « autres » vous gênent-ils tant que ça dès lors que vous-même, avez éduqué vos enfants au sein d’une famille unie, épanouie et heureuse de partager sa foi, et que vous avez pris soin de les armer pour savoir distinguer le vrai du faux , les mensonges et l’hypocrisie de la vérité, l’ égoïsme des attitudes vraiment généreuses, ainsi que la composante divine de l’homme et la place que doit avoir l’Amour dans sa création par rapport à tout ce qui n’est que performance mécanique et/ou technique.
Ce n’est d’ailleurs pas à l’école que l’enfant doit apprendre à reconnaître les offenses faites à Dieu et découvrir l’infinité de son Amour.
Cela est important , même si chacun d’entre nous peut, et devrait, se réjouir du fait que rien au sein des lois de nos démocraties, ni dans les programmes scolaires, n’est de nature à contraindre qui que ce soit à agir contrairement à ce que lui dicte sa conscience. Comment nier cette évidence ?
Mais peut-être préférez vous vous décharger de ces lourdes tâches sur une école conçue selon vos désirs, conforme aux directives que nous donne l’Église en matière d’éducation, protectrice et soucieuse avant tout d’éviter à ses élèves un contact trop étroit , qui pourrait être « polluant », avec le reste du monde ?
Il s’agit là bien sûr d’une caricature, volontaire, mais qui reste sincère et fraternelle, si vous le voulez bien !
Ne faudrait-il pas un jour cesser de culpabiliser tous ceux et celles qui ne perçoivent pas le message d’Amour du Christ comme le perçoivent certains membres de la hiérarchie et du Vatican, parmi les plus « conservateurs » ou les plus « traditionalistes », et dont quelques uns peuvent paraître véritablement intégristes ! Bien sûr ce n’est là qu’une opinion , la mienne, mais qui est je le crois plus répandue qu’on ne peut l’imaginer…
Mais revenons à la contraception, ce sujet abominable, dont Paul VI a défini les règles et les interdits dans son encyclique Humanae Vitae, en 1968.
Doit-elle être vraiment une cause de discorde entre les chrétiens, et entre chrétiens et non chrétiens ?
Avons-nous oublié que nos cardinaux, avant la publication de cette encyclique, étaient très divisés et qu’ils le sont encore ?
Ignore-t-on, et pour quelles raisons, le fait que ces recommandations du Pape n’ont pas été faites sous le sceau de l’infaillibilité et que cette notion d’infaillibilité, bien commode pour le Vatican même si son champ d’application reste limité, est pour le moins très récente et peut être littéralement contestable ?
Quant à l’obéissance à l’Église et aux évêques , si chère à certains, qui peut donc ignorer qu’elle n’est pas une obligation rigoureuse ( sauf peut-être pour ceux qui en ont exprimé le voeu ), dès lors que ce qui nous est demandé heurte notre conscience, et que les hommes , quels qu’ils soient, laïcs comme clercs, simples paroissiens « de la commune espèce », comme disait Charles Péguy, ou hauts dignitaires de l’Église-Institution, peuvent tous être également atteints de divers maux.
Certains de ces maux sont liés au péché d’orgueil, d’autres traduisent des excès tels que la volonté de puissance et l’autoritarisme, ou des insuffisances au niveau de la foi. Dans tous les cas la sérénité nécessaire au discernement et à l’expression d’un jugement éclairé risque fort de faire défaut..
Il n’est pas illégitime de redouter également l‘existence d’autres travers, voire de véritables handicaps, dont nul n’est à l’abri, tels qu’un certain degré d’immaturité affective, un manque d’expérience, une incapacité à faire preuve de compassion, un esprit plutôt psychorigide et dans certains cas des difficultés plus organiques liées à l’évolution d’une maladie grave et invalidante ou, plus simplement, aux méfaits du temps et de la sénescence.
Ainsi, comment peut-on oser dire qu’avoir recours à la pilule , comme moyen de régulation des naissances, surtout au sein d’une famille déjà nombreuse, peut correspondre au niveau du couple à un amour qui, « excluant l’ouverture à la vie, au don de soi, est contraire à la réalité même de l’amour et porte en lui un germe de mort » ? C’est pourtant en ces termes également que Mgr Jean-Pierre Cattenoz, notre évêque, a poussé son appel et son cri de détresse !
Faut-il excommunier, ou mettre au ban de la communauté, les 90% de chrétiens qui ont recours à des méthodes de contraception non « naturelles » et qui refusent de considérer que leur vie sexuelle ne serait plus la manifestation la plus accomplie de leur vie amoureuse, dès lors que s’interpose entre eux une pilule et qu’ils veillent à ne pas faire de chacun de leurs échanges amoureux une acte orienté avant tout vers la conception d’un enfant?
« Quelle misère », comme disent nos amis québécois, de voir autant de célibataires obstinément opposés au mariage des prêtres, n’ayant de la sexualité aucune expérience ou qu’une vision étriquée, se présenter comme des censeurs compétents, alors qu’ils paraissent, me semble-t-il, plus influencés par certaines déclarations de nos Papes qu’ éclairés par l’Esprit Saint !
Fort heureusement tous ne raisonnent pas ainsi, parmi les célibataires de tout âge, y compris parmi les prélats les plus âgés et les plus respectés .
Je pense en particulier au cardinal Carlo-Maria Martini ( qui vient de publier « Conversions nocturnes à Jérusalem » ), qui nous dit qu’il a « rêvé d’une Église qui donne du courage à ceux qui se sentent petits ou pécheurs » et qui souhaite qu’une nouvelle encyclique sur la sexualité puisse « indiquer une meilleure voie que celle d’Humanae Vitae ». Il ne faut pas perdre espoir…
Quant aux méthodes de contraception dites « naturelles », quelle merveille !
Grâce à elles, ou plutôt à cause de leur mode opératoire, qui n’est pas si naturel qu’ on le prétend, se développent bien souvent chez leurs adeptes ( mais pas forcément il est vrai ) des frustrations, d’autant qu’ il est permis de douter de leurs avantages.
Beaucoup de chrétiens ont en effet des difficultés à comprendre le bien fondé d’une sexualité qui doit impérativement s’exprimer dans un cadre rigide, aussi incertain que complexe. Connaissez vous les nombreuses variantes de ces méthodes, qui vont de la simple abstinence à l’évaluation régulière de la glaire cervicale, et que pensez vous de l’outillage souvent nécessaire ( agenda, thermomètre, bandelettes pour mesure du Ph, aide-mémoire …) ?
Comment peut-on trouver saine une vie sexuelle où la continence est présentée comme une valeur rare ( que je ne conteste pas lorsqu’elle est choisie et sublimée dans le cadre d’un célibat accepté ), qu’il conviendrait même de glorifier, alors qu’elle est le plus souvent perçue comme une entrave à l’épanouissement de l’amour au sein du couple plutôt que comme un moyen de privilégier des rapports sexuels plus rares mais plus intenses !
Quel couple peut croire que l’intensité et la profondeur de l’amour exprimé lors de ses échanges amoureux, comme l’attention que chacun s’attache à porter à l’autre, seraient altérés dès lors qu’il décide d’avoir recours à une pilule contraceptive !
Les rapports sexuels ne correspondent pas forcément l’assouvissement de pulsions bestiales ou à la recherche impétueuse et égoïste des « plaisirs de la chair » ; ils peuvent être une communion dans l’amour qui n’a nul besoin pour se réaliser de périodes d’abstinence imposées ni de la permanente certitude que tous les interdits sont respectés et que l’Église n’a rien à nous reprocher.
C’est ainsi que certains couples vivent dans la crainte permanente du « péché » ou de la faute vis à vis des préceptes religieux.
Il se trouve qu’à ce niveau, en ma qualité de père de famille ( de 4 enfants ), d’époux depuis 45 ans, de médecin ayant atteint l’âge de la retraite, et de chrétien engagé dans la vie de tous les jours( ou du moins qui essaye de l’être ), j’ai une certaine expérience !
Ce que j’affirme aujourd’hui je l’ai observé également tout au long de ma vie.
Il y aurait encore beaucoup à dire, mais mon principal commentaire est résumé dans ce qui suit :
-Ayons confiance en Dieu car il nous a fait confiance en nous créant libres , n’ayons pas peur des interdits mais essayons simplement de comprendre le sens et l’intérêt de ces balises morales et de ces « prothèses » dont l’homme a besoin. Pour cela référons nous d’abord et surtout aux Évangiles, sans pour autant rejeter le reste, c’est à dire toute la Bible et l’enseignement des Pères de l’Église.
-Ne négligeons pas ce que nous disent d’autres théologiens et philosophes ( chrétiens ou non ) car beaucoup d’entre eux nous parlent aussi de l’homme, de Dieu et d’Amour , et n’oublions pas quel est le premier des commandements de Jésus, car il souligne la place qu’il faut réserver à l’Amour et à son prochain.
-Prions pour que l’Église se réforme, devienne plus proche des hommes , des plus pauvres, comme des exclus et des « pécheurs » car ce sont eux qui attendent le plus de ceux qui ont le plus reçu : les chrétiens et l’Église !
-Soyons attentifs aux difficultés du couple, aux problèmes soulevés par le miracle de la vie et par le mystère de la mort et exprimons un peu mieux, à chacun, à notre prochain , ce qu’est la « tendresse » et l’Amour de Dieu, de préférence aux multiples interdits qui , le plus souvent, restent incompris.
La contraception, sur ce point également, en est un bon exemple !
En espérant que vous avez eu la patience de lire jusqu’au bout ce long commentaire !
Merci,
Joseph Pollini- Avignon-
Ecrit par : Pollini | 23 juillet 2008
J'avoue ne pas avoir lu l'intégralité des commentaires, ni même celui de M. Polloni (car plusieurs paragraphes me semblent plutôt relever de la légitimité morale de l'Eglise, ce qui est un débat connexe mais différent).
Mais je souhaiterais exprimer une certaine déception par rapport à l'article proposé en lecture. Je suis catholique (devrais-je dire militant ?), mais vis au Danemark où les catholiques sont ultra-minoritaires. J'ai donc un regard un peu plus extérieur sur mes frères de foi que par le passé.
Il me semble que nous nous attaquons trop souvent aux conséquences d'un dérèglement moral. Cet artilce en est une illustration. Il se focalise sur un (parmi combien) livre de SVT et en démontre ses faiblesses avec un certain brio (mais en s'appuyant sur des vérités morales contestées hors de l'Eglise). Derrière le livre, il y a son auteur. Derrière l'auteur, il y a l'Education Nationale, derrière l'Education Nationale, il y a un gouvernement. Derrière le gouvernement, il y a une "opinion publique" relayée et alimentée par les médias. Derrière l'opinion publique, il y a les souffrances de 39-45 et le déboussolement moral qu'elles ont engendré.
S'attaquer à un mauvais livre n'est pas mal en soi ; et c'est sans doute plus efficace pour éduquer nos enfants à la sexualité que de remonter à 1939. Mais cette facon de s'opposer (souvent frontalement) aux conséquences plutôt qu'aux causes ont été la source de la perte de crédibilité des catholiques dans les débats laïcs.
Jean-Paul II peut encore être un exemple sur ce point. Il disait des choses -- certes très théologiques -- qui ont eu un echo au delà des fidèles catholiques. Il n'a jamais parlé du préservatif, mais il parlait de l'Amour et de fidélité. Il n'a pas condamné les homosexuels, mais il parlait de la beauté du couple à l'image de Dieu, du mariage, des fiancailles.
Tout cela n'a pas pour but de déporter notre champ lexical et de simplement changer nos phrases négatives en phrase affirmatives. C'est plutôt de chercher quel doit être le vrai but de nos prises de position. Est-ce d'éradiquer tout ce qui est immoral ? tout ce qui est catholiquement incorrect ? Ou est-ce de contribuer à ce que se propage paisiblement la bonne nouvelle sur la beauté de la Vie, de l'Amour, de la Vérité ?
Ecrit par : Martin Journois | 24 juillet 2008
Il est criminel d'encourager les jeunes à utiliser des méthodes contraceptives qui ne les protègent pas contre les MST et le sida. Préservatif, OK, mais pilule, non.
Ecrit par : michel | 11 août 2008
BON DEPART
Ecrit par : Nina_Tool | 21 septembre 2009
Ecrire un commentaire