23 novembre 2007

Cavanaugh : l’économie chrétienne du renoncement, par Thibaud Collin

d5cef923f977a6d6e40543f134d0c820.jpgDisons-le d’emblée, "Être consommé", le dernier livre de l'Américain Cavanaugh, est un livre stimulant. L'ouvrage, publié par les éditions de l'Homme nouveau, adopte cependant une perspective qui n’est pas sans poser un réel problème.

William Cavanaugh est un théologien qui enseigne à l’université Saint-Paul dans le Minnesota. Il réfléchit dans ce livre (un recueil d’articles, d’où l’aspect parfois décousu du propos) sur notre manière de vivre et d’agir dans le contexte d’une économie mondialisée. Il explicite ce que présuppose le “consumérisme” actuel [1] ; il en montre la perversité et provoque les chrétiens à un examen de conscience à propos de leur vie économique. Il s’agit de sortir de l’attitude de l’autruche en considérant la totalité de ce qui est impliqué par l’acte d’achat : autrement dit, apprécier les conditions de production de ce que j’achète. En effet, acheter est un acte libre, ce n’est pas moralement neutre.

Ignorance frénétique

La lecture de Cavanaugh provoque une prise de conscience de ce qui se joue dans les modes de consommation actuels, incontestablement frénétiques. C’est bien de l’orientation du désir humain et de l’usage de la liberté dont il est question. Paradoxe : le consumérisme (appelons le ainsi) a ceci de commun avec l’ascétisme chrétien qu’il implique, contrairement à une vue trop rapide, un détachement vis-à-vis des biens matériels et de leur conditions de production. Mais là où le consommateur frénétique se détache du produit acheté pour s’attacher à cet autre et ce à l’infini, dans une perpétuelle fuite en avant, le détachement chrétien mesure l’intrinsèque relativité des choses créées, incapables de combler le désir d’absolu dont seul Dieu est en réalité l’objet. Cavanaugh produit sur ce dérèglement du désir des pages inspirées de saint Augustin et même de Pascal (sur le divertissement), invitant chacun à une conversion du regard et à une relecture spirituelle de sa propre consommation.

Il s’agit de prendre conscience que le consumérisme mondialisé nous détache des conditions de production et de la vie réelle des travailleurs lointains. Ceux-ci peuvent ainsi être exploités par notre ignorance qui, dès lors, devient coupable.

Cavanaugh étaye son appel à la conversion en montrant que l’alternative n’est pas utopique puisqu’il en existe déjà des réalisations. Il cite notamment par exemple la société coopérative Mondragon en Espagne, fondée sur « la juste répartition de la propriété et par la reconnaissance de la dignité du travail » (p.62).

La réflexion de Cavanaugh aboutit assez rapidement à une méditation sur l’eucharistie et sur l’Église, lieux propres d’une consommation pleinement adéquate au dessein de Dieu sur l’homme. « Consommer l’eucharistie est un acte d’anti-consommation, dit-il, car dans ce cas, consommé c’est être consommé, être élevé pour participer à quelque chose de plus grand que soi, toutefois d’une manière où l’identité du soi est paradoxalement garantie » (p. 141).

Impasse morale

Mais arrivés à ce stade, un malaise s’empare du lecteur. La richesse spirituelle et théologique d’une telle démarche emporte l’adhésion, la radicalité du message séduit, mais la démonstration semble échapper au réel.

La possibilité et même le bien-fondé d’une approche théologique de la micro-économie ne sont pas en cause ; a fortiori, la pertinence d’une élaboration théologique de l’histoire (inspirée ici du grand Balthasar) pour penser les enjeux contemporains. Mais pourquoi la thèse de Cavanaugh donne l’impression d’une omission majeure ?

Théologien catholique, Cavanaugh a cependant tendance à nier toute consistance à l’ordre naturel. Pour lui, le réel corrompu n’est pas réel. On l’avait déjà vu lors de sa critique de l’État dans Eucharistie et Mondialisation (Ad solem). Il renouvelle ici le même écrasement des ordres, l’ordre de la grâce finissant par se substituer à l’ordre naturel.

Or l’économie est une réalité morale, et une approche théologique de l’économie implique une théologie morale. La théologie morale, elle, présuppose une doctrine de l’acte humain considéré dans sa consistance naturelle, dans le réel tel qu’il est, non tel qu’on voudrait qu’il soit. Ainsi toute la réflexion philosophique sur les vertus (les dispositions habituelles à agir bien) ne peut être omise ; la morale n’est pas annexe, ni abstraite ; dans l’ordre de l’action, elle doit au contraire être intégrée de manière centrale à toute transformation du monde et de soi — les vertus humaines étant, dans une perspective chrétienne, saisies et assumées dans une lumière plus haute par la grâce et les vertus théologales.

Hors du monde

En l’occurrence, la vertu propre de la vie économique est la justice, selon ses diverses modalités (commutative, distributive et légale). Dès lors, en appeler immédiatement à l’eucharistie pour régler des questions de choix économiques, c’est court-circuiter l’ordre humain auquel renvoie en tant que telle la vie économique. C’est d’autant plus étonnant que les exemples donnés par Cavanaugh relèvent de cette mise en pratique de la vertu de justice. On a l’impression qu’il ne va pas jusqu’au bout du présupposé de ces exemples, comme si la systématisation théorique de son approche lui permettait de résoudre la difficulté : le monde est corrompu, seul existe le réel eucharistique.

Certes, on ne reprochera pas à Cavanaugh de montrer l’importance de l’eucharistie dans toute la vie du chrétien, donc aussi dans ses choix économiques, mais on regrette qu’il se limite doctrinalement à une approche finalement plus mystique que théologique du problème (la mystique du détachement est un choix de vie, ce n’est pas une lecture morale du monde). Une telle attitude intellectuelle n’est pas sans danger puisqu’elle peut faire croire que la liturgie permet de s’épargner l’acquisition et l’usage des vertus humaines proportionnées à notre vie ici bas.

Concluons : Cavanaugh est pertinent dans sa critique des structures de péché à l’œuvre dans notre fonctionnement économique (par exemple, sur la perversion du marketing) mais il pèche par manque de distinction des ordres de réalité (naturel et surnaturel). Cela conduit pratiquement à investir l’Église d’une mission alternative hors de la réalité sociale, économique et politique, bref à un renoncement.





Pour en savoir plus :
■ William Cavanaugh, Être consommé,
Trad. Daniel Hamiche et Denis Sureau,
Éd. de l’Homme nouveau, 168 p., 19 €
■ À commander en ligne à la librairie de l’Homme nouveau





[1] Cavanaugh parle de « consumérisme ». Au sens strict, et dans le premier sens de l’anglo-américain lui-même consumerism, le mot désigne la protection du consommateur, pas la consommation effrénée. Les sociologues en ont inversé la signification pour lui attribuer par métonymie le sens d’idéologie de la société de consommation.

Commentaires

"Une telle attitude intellectuelle n’est pas sans danger puisqu’elle peut faire croire que la liturgie permet de s’épargner l’acquisition et l’usage des vertus humaines proportionnées à notre vie ici bas." Pas d'accord avec T. Collin en ce qu'il méconnaît ici gravement la portée infiniment supérieure de l'eucharistie, qui, par l'infusion de l'esprit, permet "l'acquisition" des vertus...et c'est d'ailleurs à mon sens, et selon la vraie doctrine, le seul vrai moyen de les recevoir! A vouloir séparer "l'acquisition" des vertus de l'eucharistie et les fonder sur les forces humaines, T. Collin risque de tomber (et de nous faire tomber) si ce n'est déjà fait, dans le puritanisme ravageur, maladie la plus commune aujourd'hui et donc la plus dangereuse car elle est contagieuse... Relisez je vous prie avec moi, dans votre missel, cher T. Collin, la séquence de la pentecôte: "O lux beatissima, reple cordis intima tuorum fidelium. Sine tuo nomine, nihil est in homine, nihil innoxium..."

Ecrit par : Yagel | 24 novembre 2007

Cher Monsieur,
Je ne suis pas d'accord avec votre idée que l'eucharistie serait le seul moyen d'acquérir les vertus humaines. Cela voudrait dire que seuls les chrétiens seraient vertueux et que lorsqu'Aristote a parlé des vertus, notamment de la vertu de justice, il ne savait pas de quoi il parlait. Que pour le chrétien, l'acquisition des vertus ne soit pas coupé du travail de la grâce, entièrement d'accord.

Ecrit par : thibaud collin | 26 novembre 2007

Merci d'avoir pris la peine de me répondre. Oui, sans doute Aristote savait-il de quoi il parlait. Mais je crois que nous touchons à la différence essentielle entre philosophie et religion. La philosophie peut parler bien de tout, et sans doute elle en parle souvent très bien. Une autre question se pose lorsqu'il s'agit de trouver le moyen de mettre en acte. Je ne veux pas dire non plus qu'un non chrétien soit incapable de mettre en acte la vertu, mais que la foi chrétienne nous conduit à voir dans l'infusion de l'Esprit le moyen supérieur nous permettant de nous approcher des vertus, au regard de quoi nos seules forces humaines paraissent ensuite peu de chose. C'est ce que je voulais dire par l'expression "le seul VRAI moyen".

Ecrit par : Yagel | 27 novembre 2007

Je partage tout à fait les remarques de Thibault Collin auxquelles je voudrais simplement ajouter un ou deux commentaires .
- j'ai baucoup de mal à comprendre ce que peut être "une économie chrétienne" ( sauf l'"économie du salut" )
- il me semble qu'il existe une économie humaine , bonne ou mauvaise selon qu'elle est juste ou injuste et participe ainsi ou non à la partie matérielle du bien commun (économie "politique" ) , justice ou injustice qui elles-mêmes n'ont rien de spécifiquement chrétien mais dont évidemment il est important pour le chrétien de se préocuper pour le bonheur naturel et surnaturel de lui-même et de ses concitoyens (" bienheureux les justes ")
- je suis frappé par le silence de presque tous les analystes sur les travaux et réflexions des économistes les plus sérieux dans ces débats ( on trouve par exemple chez Rohtbar ou Röpke des réflexions éthiques importantes qui ont le mérite , ces auteurs connaissant ce dont ils parlent de ne pas tomber complètement à plat ou de ne pas s'en tenir à de simples bonnes intentions )
- il me semble que ce débat traduit une tentation aujourd'hui très présente chez les chrétiens devant la sécualrisation et l'abandon même des bases naturelles de la vie humaine de se replier sur eux-mêmes en de bonnes petites communautés plus ou moins utopiques qui d'ailleurs évolueront probablement soit en acceptant et en appliquant au mieux , et avec joie , les lois naturelles ( cf. par exemple la commerce des produits monastiques ) ou tourneront en mouvements révolutionnaires en fabricant ces "idées chrétiennes devenues folles " dont parle Chesterton ( cf. l'aventure des franciscains "spirituels" au XiV ème siècle )
- il ne faudrait pas oublier et c'est cela qui est finalement en cause que le Dieu du salut et de la grâce est aussi le Dieu créateur de la nature et que la propriété , comme la cité sont des réalités de nature . Le reste est une question de mesure , et donc de justice .

Michel Bastit

Ecrit par : Michel Bastit | 01 décembre 2007

Merci, cher Michel Bastit, pour ces remarques très pertinentes. C'est bien la théologie de la création qui est essentielle dans cette affaire. Elle permet aux chrétiens de reconnaître le bien-fondé d'une réflexion sur ces dimensions naturelles qui ont leur consistance propre; ce qui n'empêche pas, bien au contraire, de voir comment elles sont assumées par la grâce.
Thibaud Collin

Ecrit par : Thibaud Collin | 02 décembre 2007

Quelques remarques sur ce débat.

Tout d'abord, s'il y a bien deux ordres, celui de la grâce et celui de la nature, le second est inclus dans le premier. Il y a bien sûr une certaine autonomie de la nature, mais il ne faut pas oublier que l'horizon de cette autonomie, le fond sur lequel elle se déploie et dont elle dépend ultimement, c'est l'acte créateur divin. La distinction des ordres n'est pas absolue : il n'y a qu'un monde (c'est l'erreur de toute la philosophie moderne de dissocier radicalement les ordres pour les traiter indépendamment les uns des autres sans considération pour le fait qu'ils sont imbriqués les uns dans les autres).

Dans la suite de cette réalité profonde de notre condition, la philosophie est bien la servante de la théologie. La philosophie fournit les outils, mais c'est la théologie qui tient la clé de la vérité. Il est significatif, mais trop peu remarqué, que toute la philosophie de saint Thomas soit inscrite dans sa somme "théologique". La science première, architectonique, c'est la théologie. La philosophie (et avec elle les sciences), tout en ayant son autonomie, ses règles propres, lui reste ultimement soumise et se déploie sur son fond et sous son horizon.

Autre point : il me semble que les mots ont sensiblement changé de sens depuis saint Thomas. Notre cadre mental spontané est celui de l'atomisme cartésien, du corps-machine, de l'esprit abstrait ; celui de saint Thomas était celui d'un monde où tout être est signifiant et porte en lui son sens et sa dynamique propre. Quand il parle de nature, il voit la création et, à travers elle, l'oeuvre de Dieu et sa Providence. Quand nous parlons nature, nous voyons une matière inerte disponible.

Il en va de même quand nous parlons des phénomènes sociaux comme l'économie. Quand saint Thomas parle de société, il pense hiérarchie, organisme, communauté vivante, nécessité proche pour la plénitude de l'homme. Quand nous parlons société, nous pensons collection d'individus indistincts réunis par un accord tacite ou explicite.

Au-delà de ces considérations essentielles sur l'évolution du sens des mots, il reste qu'il n'est plus possible de philosopher comme s'il n'y avait pas eu la Révélation. Certes, "la vertu propre de la vie économique est la justice", comme Aristote l'avait parfaitement vu. Mais en réalité, cette vertu est seconde par rapport à la vertu première qui doit régir la vie sociale et donc économique, la charité.

Ceci étant dit, il me semble que le travail de Cavanaugh consiste justement à se dégager mentalement des cadres mentaux du modernisme athée et à chercher à ré-inscrire la réflexion philosophique (au sens large, y compris les sciences sociales) dans le cadre de la théologie issue de la Révélation. Ce travail n'est pas évident, et il ne peut se réussir pleinement du premier coup, mais c'est là, il me semble, le sens de cette théologie et sa validité.

Pour finir, je veux répondre à Michel Bastit. Plusieurs économistes catholiques se réfèrent en effet à Murray Rothbard. Il est peu surprenant que les philosophes ne les suivent pas sur ce point. Il suffit de le lire avec une grille de lecture philosophique pour voir l'inconsistance profonde de sa position : il utilise les concepts aristotéliciens dans un sens rationaliste (voir par exemple "L'éthique de la liberté" : http://membres.lycos.fr/mgrunert/ethique.htm, où il assimile la position de Grotius à celle de saint Thomas !).

Quant à l'économie chrétienne, elle n'existe certes pas, principalement parce que les institutions de l'économie contemporaine ont été conçues dans un cadre libéral anti-chrétien ! (Bien entendu, la configuration actuelle de l'économie n'a rien de naturel. Le travail, la propriété, l'échange sont des réalités naturelles. Mais leur organisation concrète varie de société en société et de période en période. Là, je renvoie à Douglass North : http://www.editions-eyrolles.com/Livre/9782708133976/le-processus-du-developpement-economique.) Les économistes ont tendance à ne pas prendre en considération les faits qui ne cadrent pas avec leurs théories. Ils ont donc très peu étudié les expériences de micro-crédit, celles des Focolari, le mouvement coopératif, etc. Mais le silence qui entoure largement ces tentatives ne doit pas faire penser qu'il n'y a qu'une organisation possible de l'économie. Le point est que les institutions actuelles de l'économie sont basées sur l'exaltation de l'intérêt personnel comme moteur de la prospérité - et ce levier vicieux est infiniment puissant face à des alternatives qui supposent la vertu personnelle.

Les institutions d'une économie morale compatible avec la vie chrétienne restent à créer. Et il est certain que la communion - l'eucharistie - qui est au principe de la vie chrétienne, est quelque chose d'important pour y parvenir.

Ecrit par : Guillaume de Lacoste | 12 décembre 2007

En tant qu'éditeur enthousiaste d'ETRE CONSOMME, je me permets d'intervenir dans ce débat bien que Guillaume de Lacoste ait dit l'essentiel. Je pense que l'ami Thibaud Collin et (par aristotélisme excessif) Michel Bastit accusent abusivement Cavanaugh de passer directement de la théologie à l'agir moral pratique en sautant sur la consistance propre de l'ordre de la nature (comme médium entre les deux si je comprends bien). Ils ne semblent pas avoir lu Henri de Lubac, ce qui est regrettable car même les bons thomistes de Toulouse reconnaissent qu'il y a un avant et un après Lubac Le problème est que la nature pure n'existe pas même si son concept, en tant qu'hypothèse théorique, peut être utile pour penser la gratuité de l'ordre de la grâce mais enfin il n'existe que des natures graciées ou disgraciées : objecter l'oubli de la 'consistance propre de la nature' c'est une vue de l'esprit ou plutôt de philosophe naturaliste (en fait idéaliste ou libérale) et non faire oeuvre de philosophe réaliste chrétien. Bien sûr qu'il y a (contre Bastit) une économie chrétienne, une politique chrétienne, parce que ce sont des composantes de la morale chrétienne. Par contre une "politique naturelle" n'existe pas (sauf chez le positiviste Maurras!), encore moins une "morale naturelle" : là-dessus il faut lire "Le Royaume de paix" de Stanley Hauerwas ou simplement le P Pinckaers. A moins d'admettre que la morale chrétienne inclut la morale naturelle mais que celle-ci n'existe pas en dehors, selon le mot de Chesterton: ôtez le surnaturel, et il ne reste que ce qui n'est pas naturel. Aimez vos ennemis, c'est de la morale chrétienne, pas de la morale naturelle au sens habituel. René Girard dit au fond la même chose, avec son langage propre.

Ecrit par : Denis Sureau | 16 décembre 2007

Il y a bien une morale naturelle, sans quoi l'Eglise ne distinguerait pas depuis si longtemps les vertus cardinales des vertus théologales. Il y a tellement une morale naturelle que, comme le rappelle le Caridnal Cottier dans un merveilleux ouvrage, "Christianisme et cultures", c'est bien à partir de la notion grecque païenne d'arété que le christianisme a bâti philosophiquement sa morale. Mais il est vrai que Cottier s'appuie sur Gauium et spes, constitution que certains ont oubliée.
Par ailleurs, contrairement à ce que dit Denis Sureau, personne ne parle ici de nature pure. ilm est rappelé que la grâce donne un sens nouveau à une nature humaine qui, pour avoir chu, n'en continue pas moins d'exister.
Ce mot de Chesterton, s'il n'est pas apocryphe, est sans doute employé ici à contre-sens : car qui peut ôter le surnaturel de toute façon ?
Et il est fort étrange se s'appuyer sur un théologien méthodiste pour interpréter saint Thomas. en outre, il me semble que Lubac parle d'un désir naturel du surnaturel. il y a bien dans la nature de l'homme une aspiration, qu'une effet seule la communion eucharistique peut combler, vers un Salut, et sa liberté, malgré le péché, n'est pas étouffée.

Ecrit par : JG | 17 décembre 2007

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